Edouard Baer chez Delahousse : "Les choses sont assez graves, il ne faut pas qu'elles soient trop sérieuses"

Edouard Baer au festival de Cabourg, le 16 juin 2018
Edouard Baer au festival de Cabourg, le 16 juin 2018 (JACQUES BENAROCH/SIPA)

Edouard Baer, actuellement à l'affiche du Théâtre Antoine avec Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce était l'invité du 20h30 le Dimanche avec Laurent Delahousse. Le comédien, humoriste, fantaisiste a évoqué son actualité mais aussi l'incendie de Notre-Dame, Napoléon et Jean Rochefort.

Ecouter parler Edouard Baer, c'est accepter de le suivre aussi loin que sa fantaisie et l'imagination de son vocabulaire voudront bien nous emmener. Et pourtant ! Quand Laurent Delahousse lui demande s'il est un poète il répond : "Vous imaginez quelqu'un qui dirait 'Je suis poète' ? Si on l'est volontairement,c'est terrible. Fantaisiste, oui. La fantaisie, j'espère en avoir, je fuis l'esprit de sérieux. Les choses sont assez graves, il ne faut pas qu'elles soient trop sérieuses !"

L'incendie de Notre-Dame de Paris

Le comédien est à l'affiche du théâtre Antoine, à Paris, avec Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce. Avant d'évoquer cette pièce qui, une fois encore, impose avec poésie le monde imaginaire de Baer, son auteur, à la question du journaliste, rapporte ce que l'incendie de Notre-Dame a suscité en lui. "Ca m'a rappelé le 11 septembre, quand tout le monde s'est précipité devant la télévision. Au delà du symbole et du bâtiment, c'est un drame culturel et aussi plus que ça. Que l'on soit catholique ou pas, ce sont des lieux de foi pour des gens, pour beaucoup de monde c'est quelque chose d'important. Et puis on a eu peur, pour moi c'était important que ça ne soit pas lié à du terrorisme. Moi je suis rassuré que ce soit un accident, ce qui fait qu'il reste à reconstruire !"

Et c'est ça qui est beau. C'est comme dans les enterrements. Quand il y a quelque chose de triste, ça nous permet de nous retrouver, de nous aimer mieux après. Et moi, j'aime bien qu'on reparle assez vite de reconstruction... et c'est reparti.Edouard Baer à propos de Notre-Dame

Edouard Baer avec Laurent Delahousse au 20:30 le Dimanche

France 2

Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce

Edouard Baer écrit dans l'urgence. Il lui faut avoir la certitude que le théâtre est réservé pour s'atteler à la tâche d'écriture. Et là encore, tout découle du titre qu'il a trouvé : "Moi, j'ai un truc de mauvais élève, un peu comme à l'école, on fait ses devoirs au dernier moment, mais c'est un spectacle qui va varier d'un soir à l'autre."

Le comédien dont Dary Cowl disait simplement "Il a la grâce" explique pourquoi il a choisi ce métier.

C'est invivable, le réel, non ? Se dire qu'on est là, qu'on vieillit, qu'on va mourir. Toute la vie c'est d'échapper à ce que on appelle le réel. C'est à nous de le construire aussi, non ?Edouard Baer

L'élégance du désespoir

Edouard Baer dont on devine vite que son humour et son recul cachent une grande nostalgie et une grande élégance du désespoir évoque aussi des souvenirs. Ceux du film Le clan des Siciliens, qu'il écoute sur la scène du Théâtre Antoine, avec son public. Il évoque Delon, Jean Poiret (qu'il imite au cours de son spectacle), Napoléon et Jean Rochefort, un ami d'Edouard Baer.

C'est un maître de légèreté, de ces gens qui ne se prennent jamais au sérieux, ce qui ne l'empêchait pas de prendre au sérieux le cinéma, la littérature, le théâtre(...). Jean Rochefort, dans la vie,c'était un type d'une légèreté... Dans le bon sens... Il ne pesait pas... Il n'assénait pas des vérités.Edouard Baer à propos de Jean Rochefort

Inerrogé sur le fait qu'il aurait aimé faire de la politique, Edouard Baer répond avec élégance et légèreté que sa première décision, s'il avait été élu président, aurait été de... démissionner !

"Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce"

de et avec Edouard Baer

Au théâtre Antoine, 14 Boulevard de Strasbourg, 75010 Paris

Jusqu'au 15 juin 2019

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