"C'était le genre de mes premiers films" : à 85 ans, Pierre Richard est de retour au théâtre

L\'acteur français Pierre Richard, lors du festival CineComedies, le 27 septembre 2018 à Lille.
L'acteur français Pierre Richard, lors du festival CineComedies, le 27 septembre 2018 à Lille. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

L'acteur français joue actuellement "Monsieur X" au théâtre de l’Atelier, à Paris. Un seul en scène poétique et burlesque écrit et mis en scène par Mathilda May.

"Le Grand Blond" du cinéma français est de retour... sur les planches. À 85 ans, l'acteur Pierre Richard, connu pour ses rôles de rêveurs et gaffeurs, continue dans le burlesque, mais cette fois-ci, au théâtre. Il est à l'affiche de Monsieur X, au théâtre de l'Atelier, à Paris, jusqu'au 8 mars 2020.

Un coup de foudre artistique

Un spectacle sans paroles dans lequel il incarne un retraité solitaire, mis en scène par Mathilda May. "Je l'ai vue pour la première fois, on ne se connaissait pas, et elle m'a dit 'Pierre, j'ai été inspirée toute ma jeunesse par Buster Keaton, Jacques Tati et vous'", raconte Pierre Richard. "Pour Keaton, pour elle, c'est un peu trop tard. Pour Tati aussi... Bah, il restait moi !", se réjouit-il.

Ça semble tellement évident maintenant. On était fait pour ça tous les deux, de se retrouver.Pierre Richardà franceinfo

Le burlesque, un genre qu'il aime particulièrement : "C'était le genre de mes premiers films, mais ce n'est pas que ça. C'est place aux rêves, à l'imaginaire, à la poésie et même à l'émotion. Autant de choses pour lesquelles, moi aussi, je suis friand." Le muet n'est pas un genre si facile à incarner au théâtre, comme au cinéma : "Évidemment, il faut avoir une gestuelle particulière. Une façon de marcher, une façon de se baisser, une façon d'être de dos, une façon de lever son bras peut être aussi significatif qu'un mot, qu'un dialogue ou qu'une phrase. C'est ce genre de choses qu'on sent bien Mathilda et moi. C'est tout un art qu'elle a et que j'ai qui donne ce spectacle."

Ibrahim Maalouf comme chef d'orchestre

Les effets spéciaux occupent une place essentielle dans ce spectacle. Pour la bande-son, le compositeur n'est autre que le trompettiste Ibrahim Maalouf, auteur de treize albums, un peu plus de soixante collaborations et plusieurs bandes originales de films. Mathilda May "a eu un cadeau merveilleux", selon Pierre Richard. "La musique dans cette pièce me porte. Tant qu'on n'avait pas les effets spéciaux, les bruitages, la musique, je ne pouvais pas répéter puisque mes partenaires principaux sont les objets avec qui j'ai des dialogues, avec qui j'ai même des disputes et avec qui j'ai des émotions. Il ne faut pas croire que parce qu'il n'y a pas de texte, c'était facile !", explique l'acteur.

Une porte qui claque avant que moi j'ouvre la porte, c'est quand même embêtant (rires). Tout ça a demandé un travail énorme.Pierre Richardà franceinfo

Finalement, on s'étonnerait presque que personne ne lui ait fait une proposition de ce type plus tôt ! "Il y aurait pu y avoir Les Deschiens", affirme Pierre Richard, qui se souvient d'une lettre écrite il y a quelques années. "Quand je les ai vus pour la première fois, d'ailleurs, je me suis dit : 'Oh là là ! Qu'est-ce que j'aimerais bien être dans leur compagnie'. Et je me souviens d'avoir écrit une lettre en leur disant : 'Je veux bien rentrer humblement dans votre compagnie', et il ne m'a jamais répondu. Et puis après, quand je l'ai rencontré, il m'a dit : "Oh ! Pardon Pierre. Je n'ai pas reçu la lettre !'", sourit-il. "Sinon, peut-être que, bon... mais c'est le seul. Sinon, je ne vois pas qui aurait pu me proposer ça puisqu'il n'y a personne pour faire ce genre de choses", avoue l'acteur.

Pierre Richard se confie à Anne Chépeau sur franceinfo
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