Aurillac 2019 : quatre jours de bouillonnement et de fantaisie dans les rues de la ville

Lancement du 34e festival de théâtre de rue d\'Aurillac
Lancement du 34e festival de théâtre de rue d'Aurillac (Vincent Muteau)

Coup d'envoi de la 34e édition du festival de théâtre de rue d'Aurillac. Pendant quatre jours plus de 3 300 représentations sont proposées au public. 

Un chevalier en armure monté sur un bateau pneumatique porté par des gilets jaunes s'adresse aux milliers de spectateurs rassemblés sur la place de l'Hôtel de ville : "80% des enfants nés dans la Cantal naissent entre avril et mai. Ils sont issus du festival," hurle-t-il gaiement. Le ton est donné dès la soirée de lancement : drôle et décalé avec en toile de fond un rituel dopé aux actualités les plus chaudes. 

Fraîcheur artistique et imaginaire partagé

Frédéric Rémy, nouveau directeur de l'événement, ne cache pas son enthousiasme. "C'est une transformation assez extraordinaire de la ville. Ce qui est étonnant c'est qu'il y a toujours autant de public." Il faut dire qu'il aura le choix : 667 compagnies vont lever leur rideau cette année.

130 000 spectateurs sont attendus. Parmi eux, de nombreux fidèles. "Ce que j'aime, c'est que c'est dans la rue, dit l'un d'eux. C'est accessible à tout le monde, il n'y a aucune obligation, c'est génial." "Cela permet à ceux qui n'ont pas les moyens de s'approcher du théâtre et de l'art, ce qui est toujours difficile," poursuit un autre. 

Aurillac c'est le ministère de la solidarité et la cohésion sociale. Il n'y a pas besoin d'inventer autre chose. Tout est là, dans la magie des spectacles et le lien que les artistes nous font vivre.Un spectateur émerveillé

Pour les artistes aussi, Aurillac est une expérience unique. La compagnie les Marchepieds, installée dans l'Allier est venue en voisine présenter sa dernière création sous chapiteau. Elle a beau être une habituée du festival, un nouveau spectacle est toujours un nouveau défi. 

Le public hilare

"Le baril à souk" est un huis clos où se concentrent les solitudes et les frustrations de six personnages. Le public est pris à parti, hélé, déplacé, touché et servi au bar. Accrobaties millimétrées et succession de situations cocasses, les spectateurs sont surpris et hilares : "Ils ont bien joué leur petit côté je fais tout de travers et en fait tout est parfait," raconte une femme à l'issue de la représentation.

\"Le baril à souk\"
"Le baril à souk" (Compagnie les Marchepieds)

Au-delà du public ce sont les programmateurs et les directeurs de salle qu'il faut séduire. "Pour nous c'est hyper important, confie l'un des comédiens. C'est une chance pour choper des pros, pour que les gens achètent le spectacle." La compagnie les Marchepieds a encore deux jours pour conquérir professionnels et amateurs de théâtre. On parie volontiers sur son succès. 

Festival de théâtre de rue d'Aurillac, jusqu'au 24 août.

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