Rudolf Noureev, le tsar des ballets

FRANCE 2

L'Opéra de Paris rend hommage à l'un de ses artistes les plus importants, Rudolf Noureev, sans doute le plus français des chorégraphes russes.

En jouant en ce moment Le Lac des cygnes, l'Opéra de Paris rend hommage à l'un de ses artistes les plus marquants. Rudolf Noureev, disparu il y a 26 ans, reste pour beaucoup le plus grand danseur classique de tous les temps. Durant une minute, le virtuose enchaîne les sauts et les déboulés, ce qu'on appelle un manège dans le monde du ballet. Vitesse, puissance et élégance, voilà les clés de son génie.

La vie romanesque de Rudolf Noureev, le danseur venu du froid, commence dans un train : c'est à bord du Transsibérien qu'il voit le jour en 1938 dans une famille très pauvre. Son caractère hors du commun lui permet d'abord de devenir étoile au Kirov, le ballet de Saint-Pétersbourg (Russie) puis de fuir l'Union soviétique lors d'une tournée en France. Le 16 juin 1961, à l'aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis), il prend en un éclair la décision de passer à l'Ouest.

Une technique impressionnante

Premier trait de son génie : sa détente, doublée d'une technique impressionnante. Rudolf Noureev saute si haut qu'il semble s'envoler, mais s'exerçait jusqu'à 14 heures par jour. Noëlla Pontois a été la première étoile française choisie par Rudolf Noureev pour danser dans ses bras. Elle se souvient d'un homme en quête de perfection et pas toujours facile à vivre. "Il était très attentif, très exigeant, il pouvait insulter les gens", se souvient-elle.

Rudolf Noureev est le premier danseur adulé comme une rockstar et aura même 89 rappels un soir, une heure et demie d'applaudissements. Deuxième trait de son génie : la place qu'il accorde aux hommes dans ses chorégraphies. Pour Kader Belarbi, ancien danseur étoile, il a révolutionné le rôle des hommes dans les ballets classiques."Anciennement, le danseur était parfois un déménageur donc quand il était à côté d'une ballerine il n'apparaissait pas. C'est toute l'écriture qui était la sienne de mettre un corps masculin dans le monde du ballet", explique-t-il.

Le 8 octobre 1992, sur la scène de l'opéra Garnier (Paris), le prince de la danse, malade du sida, fait ses adieux. Il sait que c'est sa dernière révérence. Vêtu comme un slave, il est décoré par la France, son pays d'adoption. Il meurt à 54 ans, laissant sur la danse, sa marque indélébile.

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