Rencontre avec l'humoriste québécois Rachid Badouri de retour en France "Rechargé"

Rachid Badouri à Bruxelles le 13 mars 2018
Rachid Badouri à Bruxelles le 13 mars 2018 (BELPRESS/MAXPPP)

L’humoriste québécois Rachid Badouri est en pleine tournée française avec "Rechargé", un spectacle qu’il a déjà joué trois cents fois dans son pays. Très inspiré de sa vie personnelle, de sa famille et de son expérience de Canadien d’origine marocaine, son spectacle oscille entre autodérision, tendresse et portraits hilarants. Cuturebox l’a rencontré à l'issue de sa représentation lyonnaise.

  • Culturebox : En France, avez-vous l’impression que le public voit davantage un Marocain ou un Québécois ?
Rachid Badouri : Je pense qu’ils voient un Martien. Parce qu’ils se disent "Attendez, laissez-moi juste comprendre… Le mec est né au Québec, ses parents sont d’origine marocaine, berbère, et il débarque en France…" Alors là c’est… quasiment l’inverse de Gad Elmaleh qui, lui est parti du Maroc au Québec, puis du Québec à la France.


Comment échapper à la tentation de l’humour communautariste ? Les mots de Rachid Badouri.
  • Sur quoi les publics québécois, marocain et français se retrouvent-ils pour rire ?
Il y a une chose dans laquelle les Québécois, les Marocains et les Français sont tous en accord pour rire, c’est le papa. Dès que je parle de Mohamed Badouri ça les faire rire parce que c’est une bonne partie du spectacle où je fais un peu d’autodérision. Quand Rachid se la raconte, tu as le papa qui vient et puis… on dit en québécois "il pète ta balloune", c'est-à-dire qu’il te crève l’abcès et puis…  t’as plus la grosse tête.


  • Il y a des moments où l'on rit beaucoup et puis des moments assez tragiques, on a l’impression que le public comprend très bien que, là, le rire n’est plus le même. Comment on arrive à ça ?
Difficilement. Faut pas oublier qu’avant de présenter ce spectacle ce soir, je l’ai fait plus de trois cents fois. Les premières fois, c’était pas comme ça. Je rentrais chez moi, je recevais des commentaires bizarres sur Internet, avec raison. Sur les réseaux sociaux… "Pourquoi tu nous a fait ça ? C’est trop dur." Donc, la seule façon d’y arriver avec un ajustement presque parfait,  c’est malheureusement après l’avoir fait trois cents fois. C’est quasiment à la fin de ta tournée que tu te rends compte que l’harmonie que tu as finalement utilisée pour passer du rire aux larmes… au rire, c’est vraiment que vers la fin de ta tournée. C’est dommage. Mais le premiers, ils ont souffert, les pauvres qui sont venus voir le spectacle en 2013 au Québec ont fait "Mais t’es malade, toi…" Ils sont sortis… bizarres…

  • Pourquoi un délai de cinq ans entre les deux spectacles ?
On fait le premier spectacle au Québec et une fois que la tournée est terminée, on l’exporte en France. C’est pour ça qu’il y a eu un si long moment entre les deux. Le temps que je fasse mon spectacle au Québec et que je l’amène, que je l’exporte en France, il y a ce petit moment qui fait entre trois et cinq ans, des fois, d’attente.

 

Les prochaines dates du spectacle "Rechargé" de Rachid Badouri 

Le 22 mars - Saint-Gilles-Croix-de-Vie
23 mars - Carquefou
24 mars - Tours
27 mars - Toulouse
28 mars - Bordeaux
3 avril - Genève

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