Un millier de spectateurs évacués de l'Opéra de Rouen, sur fond d'accusation de viol

Le Théâtre des arts de Rouen (Seine-Maritime), également appelé l\'Opéra de Rouen Normandie, en octobre 2016.
Le Théâtre des arts de Rouen (Seine-Maritime), également appelé l'Opéra de Rouen Normandie, en octobre 2016. (GOOGLE STREET VIEW)

Des dizaines de tracts ont été jetés d'un balcon par plusieurs personnes portant des masques à tête de chats pendant une représentation. Ils mettent en cause le metteur en scène et l'accusent d'avoir commis un viol.

La représentation n'avait même pas encore commencé. Le parquet de Rouen (Seine-Maritime) a indiqué, vendredi 9 juin, avoir ouvert une enquête après des incidents provoqués la veille dans l'opéra de la ville, et ayant entraîné, temporairement, l'évacuation d'un millier de personnes. Les spectateurs étaient venus assister à une représentation de La Bohème de Puccini, sur une mise en scène de Laurent Laffargue.

Des dizaines de tracts ont été jetés d'un balcon par plusieurs personnes portant des masques à tête de chats. "Ils étaient entre trois et six et étaient entrés légalement avec des billets", a déclaré à l'AFP le secrétaire général-adjoint de l'Opéra rouennais, Laurent Bondi, présent dans la salle.

"Laurent Laffargue a violé notre amie"

Les tracts signés d'un collectif baptisé Sauvages comme Jacqueline accusaient de viol le metteur en scène. "Laurent Laffargue (...) a violé notre amie. Il en a agressé d'autres (...). Nous aimons l'opéra, mais nous l'attaquons quand il protège en son sein des violeurs", pouvait-on lire. Les protestataires ont ensuite pris la fuite après avoir déclenché deux alarmes, ce qui a donné lieu à une évacuation massive du public. "Heureusement, les gens sont sortis très tranquillement", a indiqué Laurent Bondi. 

"Une évacuation de tant de personnes, c'est toujours potentiellement dangereux, et nous sommes en période d'état d'urgence", a-t-il ajouté, précisant que la direction de l'Opéra avait porté plainte. La représentation a pu avoir lieu, avec près d'une heure de retard, le public devant à nouveau passer les contrôles de sécurité.

"Un comportement déplacé"

Une enquête a été ouverte par le parquet de Rouen "portant notamment sur l'entrave à la manifestation artistique", a indiqué le procureur de la République Pascal Prache, ajoutant qu'"il n'y a pas d'interpellations". Joint par France 3 Normandie, le directeur de l'Opéra, Frédéric Roels, en déplacement à Marseille, a confirmé qu'il y avait eu un problème avec le metteur en scène il y a plusieurs jours.

"J'ai été averti par mes équipes d'un comportement déplacé de Laurent Laffargue, tard en soirée, vis-à-vis d'une personne de la production", a-t-il dit. "Je suis intervenu pour que le metteur en scène ne soit plus en contact avec cette personne", ajoutant qu'il "était visiblement en état d'ébriété" au moment des faits. Le metteur en scène a quitté Rouen en début de semaine.