Eva Yerbabuena et Niño del Eche : le flamenco du troisième type bouscule le festival de Nîmes

Eva Yerbabuena et Nino de Elche embrasent le festiva de flamenco de Nîmes
Eva Yerbabuena et Nino de Elche embrasent le festiva de flamenco de Nîmes (Théâtre de Nîmes - Sandy Korzekwa)

Depuis 29 ans, le théâtre de Nîmes se transforme en arène andalouse dédiée au flamenco. L'art flamenco sous toutes ses formes prend place une nouvelle fois jusqu'au 20 janvier 2019 laissant la part belle aux chants, aux danses et aux guitares. Cette année le public s'est laissé bousculer par une version contemporaine de la danse avec Eva Yerbabuena et de la musique avec Niño del Eche.

Audace et création, la 29e édition du festival de Flamenco de Nîmes s'affiche comme un laboratoire de recherche autour de l'art andalou. Bouillonnement des esprits et des corps, cette année treize spectacles de musique et de danse sont programmés jusqu'au 20 janvier 2019.

Reportage : A. Goyon / L. Thelu / F. Beraud-Dufour / L. Dodet

Le flamenco aux accents japonais

La grande danseuse de Grenade Eva Yerbabuena est venue à Nîmes avec sa nouvelle création inédite en France. "Cuentos de Azúcar" est un duo surprenant de musique et de danse avec la chanteuse japonaise Anna Sato. Le spectacle est le fruit d'une rencontre il y a trois ans entre les deux femmes. "J'ai écouté le CD qu'elle m'avait envoyé", se souvient Eva Yerbabuena, "et je suis tombée amoureuse ! Alors j'ai voulu faire quelque chose avec cette musique et Anna". Sur scène, la tragédie du flamenco et la poésie des chants traditionnels de l'île Amami se répondent et forment une osmose assez inédite. "Au départ, le flamenco m'a paru difficile d'accès au niveau du rythme et de la compréhension et petit à petit je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose de commun avec les chants Chimaota", raconte Anne Sato.
Eva Yerbabuena et Anna Sato 
Eva Yerbabuena et Anna Sato  (Théâtre de Nîmes - Sandy Korzekwa)

Niño de Elche : le punk du flamenco

Côté musique, c'est le chanteur Niño de Elche qui a enflammé la scène de la Paloma. "Sans dieu ni maître", le musicien d'Alicante n'hésite pas à transgresser les codes et chanter au milieu du public. "On crée un espace critique où l'on invite les gens à réfléchir, un espace commun où l'on va casser les imaginaires et les idées reçues", confie Niño de Elche. Certains puristes du genre le qualifient aisément de "punk nihiliste" quand d'autres amateurs le portent au rang de virtuose vocal. 

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