Paris vote la fin des spectacles d'animaux sauvages dans les cirques dès 2020

Des animaux attendent d\'entrer sur la piste du cirque de \"T Feery\" à Lille (Nord), le 25 octobre 2019.
Des animaux attendent d'entrer sur la piste du cirque de "T Feery" à Lille (Nord), le 25 octobre 2019. (MAXPPP)

La délibération a été votée vendredi soir par le Conseil de Paris. La mairie s'engage à accompagner les cirques pour qu'ils se convertissent.

Dans la capitale, les cirques n'auront bientôt plus le droit d'exploiter des animaux sauvages. La Ville de Paris a voté, vendredi 15 novembre, la fin dès 2020 de la délivrance d'"autorisations d'occupation de terrain" pour les cirques qui présenteront ce type de spectacles. "Nous pouvons collectivement nous féliciter de cette décision qui correspond à une avancée sociétale souhaitée par tous les Français", se réjouit auprès de l'AFP Pénélope Komitès, l'adjointe en charge de la nature en ville. 

A Paris, la mesure qui était en discussion depuis deux ans, ne s'appliquera toutefois pas aux cirques Bouglione ou Gruss. Le premier, étant propriétaire de son domaine (le Cirque d'Hiver), ne peut se voir imposer en l'état cette interdiction. Quant au second, il devra signer la convention d'interdiction d'animaux sauvages lorsque son contrat d'occupation de terrain arrivera à terme en 2020, s'il veut poursuivre dans le domaine public son activité. 

Une aide à la reconversion pour les cirques

Saluée par les associations, l'interdiction d'animaux sauvages ulcère certains circassiens. "Enlever les animaux, c'est comme enlever les clowns. Après il ne restera plus que des spectacles comme le Cirque du Soleil pour les intellos et les ados", s'indigne William Kerwich, du Cirque Royal, qui voit dans cette décision "un enjeu politique".

L'élue de La France insoumise Danielle Simonnet a plaidé de son côté pour qu'un "soutien financier soit apporté aux structures françaises sans but lucratif qui soignent et prennent en charge totalement les animaux sauvages". Elle a été entendue : la décision s'accompagnera d'une aide d'"environ 50 000 euros sur trois ans" à chaque cirque signataire en vue d'une reconversion, promet Pénélope Komitès.

Celle qui a dirigé Greenpeace France espère que "l'Etat se positionnera enfin sur ce sujet, et permettra financièrement aux circassiens de se reconvertir" après l'arrêt des spectacles avec "animaux sauvages". Cette décision survient en tout cas alors que la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a promis récemment "des annonces fortes dans les prochaines semaines". Fin 2018, une quarantaine de pays dans le monde, dont une grande majorité en Europe, avaient proscrit partiellement ou totalement les cirques avec ménagerie.

Vous êtes à nouveau en ligne