Il se disait victime d'une agression homophobe : l'acteur Jussie Smollett écroué pour dépôt de fausse plainte

Jussie Smollett en décembre 2018.
Jussie Smollett en décembre 2018. (Gabriel Olsen / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

L'acteur américain noir et gay Jussie Smollett, l'une des vedettes de la série "Empire", avait affirmé fin janvier avoir été victime d'une agression raciste et homophobe. Mais jeudi l'homme soupçonné d'avoir monté l'affaire de toutes pièces a été inculpé et écroué pour dépôt de fausse plainte, a annoncé la police de Chicago.

"Dépôt de fausse plainte"

"Le bureau du procureur du comté de Cook a approuvé les charges criminelles de comportement déplacé / dépôt de fausse plainte à l'encontre de Jussie Smollett", a indiqué le porte-parole de la police de Chicago, Anthony Guglielmi. Puis le prévenu "a été placé en état d'arrestation", a écrit sur Twitter le porte-parole de la police de cette ville du nord-est des Etats-Unis, Anthony Guglielmi.

Mercredi soir, la police avait déjà confirmé que cet acteur de 36 ans, l'une des vedettes de la série "Empire", avait été inculpé de comportement déplacé et de dépôt de fausse plainte. Selon la presse américaine, l'acteur et chanteur originaire de Californie s'est rendu avec ses avocats à la police autour de 5h du matin.

L'acteur doit lui comparaître devant un juge dans la journée.
 
"Comme tout autre citoyen, M. Smollett bénéficie de la présomption d'innocence, particulièrement dans une enquête comme celle-ci au cours de laquelle des informations, à la fois vraies et fausses, ont constamment fuité", ont réagi dans la foulée les avocats de l'acteur.

"Compte tenu de ces circonstances, nous avons l'intention de mener une enquête approfondie et de défendre vigoureusement" (notre client), ont-ils ajouté. Les spéculations sur la véracité du témoignage de Jussie Smollett, l'une des vedettes de la série "Empire", se multipliaient depuis des semaines, l'acteur étant soupçonné d'avoir monté l'affaire de toutes pièces.

La plainte pour agression homophobe en janvier dernier

Jussie Smollett, 36 ans, noir et ouvertement gay, avait porté plainte fin janvier en affirmant avoir été agressé par deux individus dans le centre-ville de Chicago, qui lui auraient crié des "insultes racistes et homophobes" avant de le frapper.

Il avait prétendu qu'une corde avait été enroulée autour de son cou et qu'une substance chimique avait été versée sur lui. Il avait aussi assuré que l'un des assaillants avait crié "Nous sommes en pays MAGA" --une référence au slogan de campagne du président Donald Trump (Make America Great Again).
 
L'agression présumée avait initialement provoqué une vive émotion et déclenché un torrent de condamnations.

La sénatrice démocrate de Californie, candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2020, Kamala Harris, avait notamment qualifié l'évènement de "tentative moderne de lynchage".

Un simulacre ?

La police, qui avait déjà fait état de ses doutes dimanche, avait annoncé plus tôt mercredi qu'il était considéré comme un "suspect" dans le cadre de l'enquête. Des policiers ont présenté des preuves à ce sujet à un grand jury du comté de Cook, avait alors précisé le porte-parole de la police. 

La semaine dernière, deux "suspects potentiels" avaient été laissés en liberté sans être poursuivis, tandis que des médias américains laissaient entendre que l'agression pourrait avoir été un simulacre.

Jussie Smollett s'était dit en colère de voir que sa version était remise en doute. Selon la station locale WBBM, les deux hommes en question, les frères Ola et Abel Osundairo, affirment que Jussie Smollett n'avait pas apprécié qu'une lettre de menace à son encontre n'ait pas reçue plus d'attention. 

"Ils ne sont coupables de rien", a déclaré leur avocate Gloria Schmidt aux journalistes mercredi, affirmant qu'ils avaient témoigné sous serment à propos de ce qu'ils savaient de l'affaire.
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