Roselyne Bachelot nommée ministre de la culture

Roselyne Bachelot
Roselyne Bachelot (MAXPPP)

L'ancienne ministre de la Santé sous Sarkozy, et actuelle chroniqueuse sur LCI, vient d'être nommée rue de Valois dans le premier gouvernement de Jean Castex.

Roselyne Bachelot est une ancienne ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, et une passionnée de musique qui retourne à la politique à 73 ans en devenant ministre de la Culture lundi, après une longue parenthèse dans les médias depuis 2012. Cette féministe de droite, vive, atypique et parfois gaffeuse, a déjà occupé trois fois la tête d'un ministère, avait tourné la page de la politique après la défaite de Nicolas Sarkozy, animant des chroniques sur D8, RTL ou RMC.

"Dingue d'opéra"

Fille de notables d'Angers, des chirurgiens-dentistes, elle grandit dans une culture bourgeoise et baigne dans la musique classique depuis toujours, apprenant le piano dès trois ans. Elle se souvient aujourd'hui de ses premiers opéras comme d'un "dépucelage"Mélomane, elle a un goût prononcé pour l'art lyrique et arbore Wagner partout dans son appartement parisien. Des coffrets, des biographies, des études, des dicos… Wagner mais Verdi aussi, à qui elle a consacré un livre Verdi amoureux, en 2013.

"On est réunis par la musique, la culture", affirmait-elle le soir de la nomination de Jean Castex comme Premier ministre, en saluant l'arrivée d'un "homme de culture". Cette amatrice de piano (qu'elle pratique depuis l'âge de 3 ans et demi) se décrit elle-même comme une "dingue d'opéra". "J'ai toujours rêvé être Maria Callas", déclare en 2012 au JDD celle qui se dit "capable de faire un aller-retour Paris-New York de quelques heures pour écouter une oeuvre au Metropolitan Opera".

Eloignée des radars politiques, l'ex-ministre de la Santé a vu sa cote remonter lorsque l'épidémie de coronavirus a réhabilité ce principe de précaution qui lui avait valu tant de critiques en 2009, à cause de sa gestion de la pandémie de grippe A contre laquelle elle avait commandé une très grande quantité de vaccins. "Elle a la poigne, les muscles nécessaires pour les discussions compliquées qui vont avoir lieu sur les intermittents, sur les suites de la crise", assure son ami d'enfance Christophe Girard, adjoint à la maire de Paris.

"Esprit indiscipliné, rebelle et contestataire"

Il en faut plus pour désarçonner cette ancienne députée, célèbre pour son rire communicatif et ses formules choc, qui avait résumé sa vision de la vie politique dans le titre de son livre Le combat est une fête en 2006. Un combat mené parfois à contre-courant de sa famille politique, notamment en 1998 lorsqu'elle soutient le Pacs. En juin 1999, elle participe à la gay pride.

"Je suis une femme de droite et je crois que c'est de la confrontation que peut naître un consensus", affirme-t-elle en 2012. Née le 24 décembre 1946 à Nevers, cette élève brillante se souvient avoir été un "esprit indiscipliné, rebelle et contestataire" lors de sa scolarité au strict collège La Retraite-Sacré-Coeur d'Angers

Trois fois ministre

En politique elle suit la voie tracée par son père Jean Narquin, ancien résistant, grognard du gaullisme, député, figure du Maine-et-Loire. Conseillère générale (RPR) de ce département de 1982 à 1988, cette docteur en pharmacie hérite alors de la circonscription paternelle.

Porte-parole de la campagne présidentielle de Jacques Chirac, elle est nommée en 2002 au ministère de l'Ecologie où elle essuie les critiques de ses collègues qui, en privé, pointent des "bourdes" à répétition. Débarquée en 2004, la chiraquienne rallie Nicolas Sarkozy qui en fait sa ministre de la Santé et des Sports (2007-2010) puis des Solidarités (2010-2012).

Aux Sports, elle n'hésite pas à se rendre au conseil des ministres en Crocs rose pour célébrer les 40 médailles françaises aux JO. Deux ans plus tard elle condamne le "désastre" des Bleus qui ont refusé de s'entraîner au Mondial sud-africain, vilipendant "une équipe de France où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés".

Personnage médiatique

L'année 2012 marque une pause politique pour Roselyne Bachelot, critiquée dans son camp pour avoir appelé à un "inventaire" de l'échec électoral de Nicolas Sarkozy. Elle devient co-animatrice du "Grand 8" sur D8 (devenue C8, groupe Canal+), puis est recrutée par iTélé (aujourd'hui CNews) en 2013. Depuis 2017 elle tient une émission sur LCI.

Côté radio, elle fait ses premiers pas sur Europe 1 en 2014 chez Cyril Hanouna, participe aux Grosses Têtes de Laurent Ruquier sur RTL en 2015, puis en 2016 présente sa propre émission sur RMC, "100% Bachelot".

Cette ardente défenseure de la parité en politique, qui déplore que la parole des femmes soit "systématiquement dévalorisée", fait une incursion remarquée au théâtre en 2018 lors d'une représentation caritative des "Monologues du vagin" avec Myriam El Khomri et Marlène Schiappa.

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