Pluie de comédies musicales à Paris

Notre Dame de Paris revient à partir du 23 novembre au Palais des Congrès à Paris, quinze ans après sa dernière tournée en France (ci-contre à Grenoble en février 2001)
Notre Dame de Paris revient à partir du 23 novembre au Palais des Congrès à Paris, quinze ans après sa dernière tournée en France (ci-contre à Grenoble en février 2001) (MAXPPP)

La saison des comédies musicales démarre vendredi 16 septembre à Paris avec la première représentation de Timéo au Casino de Paris. Dans son sillage, c'est une vingtaine de comédies musicales qui s’apprêtent à ouvrir d’ici Noël. Un phénomène inédit dans la capitale.

C’est une première, de l’aveu même de Laurent Bentata. Son groupe Stage, qui possède le Théâtre Mogador, a lancé il y a dix ans Le Roi Lion, Cabaret. Cette année, il monte la version française du Fantôme de l’Opéra. Pour lui, l’évolution est nette et il y aura des morts. "Est-ce que le marché français va pouvoir 'digérer' autant de spectacles ?.... J’en doute", confie-t-il.

A venir, tout d’abord, des comédies musicales américaines, comme ce Fantôme de l’Opéra, riche de costumes et d’effets spéciaux luxueux, qui est à l’affiche de Broadway depuis 30 ans maintenant non-stop. On attend aussi 42nd Street au Théâtre du Châtelet avec ce qu’il faudra de danseuses de claquettes et de paillettes.

Et si le nom faisait la comédie

Ce que l’on constate aussi cette saison c’est que pour faire une bonne comédie musicale, il faut choisir un titre connu ! On connaissait donc Notre Dame de Paris d’après Victor Hugo, qui revient 18 ans après son triomphe, ou encore Les Dix Commandements, qui reviendront en novembre à Bercy.

Mais cette année, le public aura droit aussi aux Trois Mousquetaires d’après Alexandre Dumas, produit par Dove Attia au Palais des Sports, au Rouge et le Noir d’après Stendhal, façon rock composé par Zazie au Palace, ou encore à Oliver Twist de Charles Dickens, mis en scène par le "wonderboy" actuel de la comédie musicale, Ladislas Chollat. C’est lui qui avait signé la mise en scène dynamique de Résiste, la comédie musicale de France Gall. Ladislas Chollat vient du milieu du théâtre. Et son agenda à l’air chargé. "Après Oliver Twist j’ai deux ou trois projets qui se dessinent. Il y a une vraie demande et une vraie envie de ce genre de spectacles", constate-t-il.

Des orchestres en live

Parmi les tendances de la saison, on note de plus en plus de spectacles qui  font appel à de vrais musiciens pour accompagner les artistes. Ce ne sera pas le cas pour Notre Dame de Paris et Les Trois Mousquetaires, toujours sur bande son. Mais Oliver Twist, Le Fantôme de l’Opéra et 42nd Street auront tous des orchestres de tailles différentes pour les accompagner. Et dans Le Rouge et le Noir, le groupe rock de six musiciens sera apparent tout au long du spectacle au-dessus de la scène.

Autre tendance, un groupe, Fimalac, de Marc Ladreit de Lacharrière, qui rachète à tours de bras des théâtre et qui produit cet automne trois comédies musicales différentes : Les Trois Mousquetaires, Un été 44 autour du débarquement de 1944 avec des chansons de grands de la chanson comme Charles Aznavour et Jean-Jacques Goldman, et puis Timéo, qui  débute ce vendredi 16 septembre.

Timéo, une "Circomédie" musicale

Mis en scène par Alex Goude de M6, Timéo a l’ambition de mélanger non seulement chant, comédie, danse mais aussi cirque. Son producteur, Jérémie de Lacharière, compte en outre, et c’est une première en France, introduire une méthode spéciale pour roder le spectacle et le tester auprès du public : les "previews". "Pendant les 15 premiers jours, on recueille les réactions du public. Ensuite, on améliore, on peaufine, on change des petites choses, en fonction aussi de la perception qu’a le public du spectacle", explique Jérémie de Lacharière.

Les chiffres du succès bien gardés 

Difficile à dire aujourd’hui ce qui marche ou ce qui ne marche pas. On sait que le contexte est délicat. Tous les producteurs le disent. Depuis les attentats, les spectateurs ne sont pas retournés aussi nombreux dans les salles. Notre Dame de Paris semble sortir du lot en termes de pré-ventes. Mais les chiffres en fait sont gardés secrets et chacun peut se vanter à son gré. "Un côté un peu caché des chiffres" que regrette notamment Laurent Bentata,

Pendant ce temps, la liste d’attente des comédies musicales se rallonge. L’an prochain on annonce déjà La Fièvre du Samedi Soir, Priscilla Reine du Désert et Les Choristes.

Il est venu le temps des comédies musicales, avec Laurent Valière. Il répond à Celyne Bayt-Darcourt
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