Venise : l'eau continue de monter, la polémique aussi

La place Saint-Marc inondée, à Venise, le 15 novembre 2019.
La place Saint-Marc inondée, à Venise, le 15 novembre 2019. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Au centre de la controverse : le projet Mose, censé protéger Venise de la montée des eaux, mais qui a pris beaucoup de retard.

A Venise, la marée haute atteint des records historiques. La ville est en état d'alerte maximale. La marée n'est pas la seule à monter, une polémique sur fond de colère populaire commence à envahir le pays. Au centre de la controverse, il y a le Mose ("Moïse" en français). Ce système doit, à terme, protéger toute la lagune de la montée des eaux. L'idée de ce dispositif lourd et complexe est née après 1966, année d'une marée haute record. Le projet a été long à être lancé, les travaux n'ont commencé qu'en 2003 et ne sont pas encore terminés. Pour le moment, l'oeuvre a été réalisée à 93%. Malgré cela, certains auraient voulu que le Mose soit activé pour éviter le désastre de cette montée des eaux, mais le système n'est évidemment pas prêt. L'ingénieur en charge du projet a même déclaré que l'actionner serait comme "piloter une Ferrari sans freins".

La mairie et la région de Vénétie se tournent donc vers l'Etat, qui est le maître d'ouvrage. Beaucoup, en Italie, pointent du doigt la bureaucratie, qui a ralenti l'exécution des travaux. Cette situation provoque une grande émotion dans tout le pays, un mouvement de solidarité avec Venise s'est même constitué. Le maire de la ville, Luigi Brugnaro, a déjà ouvert un compte bancaire pour tous ceux qui veulent verser une contribution pour aider Venise à se relever. La Sérénissime est en quelque sorte comparée à la cathédrale de Notre-Dame de Paris, qui avait bénéficié d'une vaste mobilisation pour aider à sa reconstruction, en avril.

Retour des touristes

La mairie espère donc que l'impact mondial des images de la ville sous l'eau incitera les gens à participer à sa sauvegarde. Le ministère des Affaires étrangères a annoncé samedi 16 novembre que les ambassades italiennes se mobiliseront pour récolter des fonds à l'étranger. En attendant, les touristes, eux, restent présents. Alors que le niveau de l'eau commençait à redescendre, ils sont repartis à l'assaut des passerelles de la place Saint-Marc, pour visiter la fameuse basilique. Autre visite, symbolique cette fois : celle d'une délégation de l'équipe nationale de football. Une manière de montrer que malgré les failles de l'Etat, les Vénitiens ne sont pas seuls dans cette épreuve.

L'eau devrait d'ailleurs revenir place Saint-Marc. Samedi 16 novembre, le pic a été moins important que prévu, avec 98 centimètres au lieu des 110 annoncés. Dimanche, le centre des marées de la commune de Venise prévoit un pic de 160 centimètres pour la mi-journée.

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