Stéphane Bern réclame un "new deal" pour le patrimoine, qu'il veut voir déclaré "cause nationale"

Stephane Bern à Paris, le 19 octobre 2019
Stephane Bern à Paris, le 19 octobre 2019 (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Stéphane Bern est convaincu que le président Emmanuel Macron enverra bientôt un "signal fort" sur le patrimoine, absent de son discours de mercredi 6 mai

L'animateur Stéphane Bern a réclamé jeudi que le patrimoine rural "soit déclaré cause nationale" et qu'un "new deal" bénéficie à tout le patrimoine, "gisement de pétrole" de la France qui "impacte 500 000 emplois".

Interrogé lors d'une audition au Sénat sur l'absence remarquée du patrimoine dans les annonces faites mercredi 6 mai par Emmanuel Macron aux professionnels de la culture, Stéphane Bern a parlé d'un "malentendu".

Des aides pour les restaurateurs, conservateurs et guides ?

"Le sujet, hier, était le spectacle vivant, et il s'est engagé dans les prochains jours - le ministre (de la Culture, Franck Riester) me l'a confirmé hier - à ce qu'on puisse dans quelques jours parler du patrimoine". L'animateur s'est même dit persuadé que le président allait "envoyer un signal fort" prochainement. Franck Riester, a-t-il précisé, "m'a assuré qu'il y aurait des aides pour les restaurateurs, les conservateurs et les guides conférenciers".

L'animateur très populaire de l'émission de France 3 Secrets d'histoire, chargé en 2017 d'une mission pour le patrimoine par l'Elysée, estime qu'"il faut décréter le patrimoine rural cause nationale". "Nous demandons un plan de financement préalable pour avoir une visibilité sur qui va payer quoi". Et Stéphane Bern a souhaité que le ministère de la Culture organise un service d'"assistance à la maitrise d'ouvrage", les petits porteurs de projet faisant face à des "cahiers des charges impossibles" et des complexités administratives.

Le patrimoine religieux, un sujet "gravissime"

Il faut "alléger ce qui est pointilleux mais rester très strict sur les normes" et "il ne doit pas y avoir de dérogations à la protection du patrimoine", prévient-il. A supposer par exemple que l'Etat fasse "une flèche en titane" à Notre-Dame, certains acteurs locaux seraient tentés de l'imiter, a-t-il argumenté.

Il a reconnu s'être "énervé" auprès de Franck Riester que des administrations régionales refusent de financer des projets de ceux qui ont touché de l'argent du loto du patrimoine. "C'est pas fromage ou dessert, c'est fromage et dessert", a-t-il martelé. Le patrimoine religieux est un sujet "gravissime", a-t-il en outre observé.

Soulignant le rôle complémentaire indispensable du mécénat, il a regretté la réforme ayant fait passer la défiscalisation de 60% à 40% pour les dons supérieurs à 2 millions d'euros : "J'appellerais cela un amendement Bernard Arnault-LVMH pour s'attaquer à un monsieur qui pourtant a donné 200 millions d'euros à la restauration de Notre-Dame, à qui on pourrait dire merci."

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