Deuxième Loto du patrimoine : "Ce n'est pas un coût, c'est un investissement", estime Stéphane Bern

Stépahne Bern, en février 2019. 
Stépahne Bern, en février 2019.  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

L'animateur télé a indiqué sur franceinfo que de nouveaux jeux à gratter allaient voir le jour, notamment un à trois euros. 

"Le patrimoine n'est pas un coût, c'est un investissement", a affirmé Stéphane Bern, chargé de la Mission patrimoine auprès du ministère de la Culture sur franceinfo, jeudi 28 février. C'est aujourd'hui le dernier jour pour déposer la candidature d'un monument ou d'un chef-d’œuvre en péril au Loto du patrimoine. Pour cette deuxième édition, 118 monuments seront désignés pour financer leur restauration. La Française des jeux lance deux nouveaux jeux à gratter. Le tirage se fera le 14 juillet 2019.

franceinfo : Les déceptions que vous aviez exprimées, l’an dernier, auprès du gouvernement ne vous ont pas empêché de participer à l'organisation du Loto du patrimoine. Avez-vous eu des garanties ?

Stéphane Bern : Non seulement j'ai eu des garanties mais ça a surtout été un énorme succès face à la mobilisation des Français. Au total, 22 millions d'euros ont été récoltés pour la Fondation du patrimoine grâce au loto. Auxquels s'ajoutent les taxes que l'État prélevait qui ont été reportées. Elles étaient d'un montant de 21 millions. On en est à 43 millions, plus le mécénat. Cela permet de réunir quasiment 50 millions pour sauver des monuments. Même si je me suis énervé contre ces taxes, que je trouve ridicules et que j'ai bon espoir de voir sauter, cela reste un formidable succès. Je rempile pour une deuxième édition et ne lâcherai que lorsque les monuments seront sauvés. Partout en France, on m'alerte sur des monuments qui sont dégradés. Les directions régionales des affaires culturelles font ce qu'elles peuvent mais ça ne suffit pas. On a besoin de mécènes, on a besoin de cette contribution volontaire et ludique. L’an dernier, les 12 millions de tickets ont été vendus, les gens ont participé avec beaucoup d'appétence. Je veux montrer aux Français ce qu'on a fait avec l'argent du Loto du patrimoine pour montrer qu'on est en train de sauver des monuments qui eux-mêmes redynamisent économiquement des territoires, créent du lien social, de l'économie et de l'emploi.

Sur ces 15 euros du prix du ticket à gratter, seuls 10% étaient reversés à la Fondation du patrimoine, est-ce que cette part va augmenter ?

Cette part va augmenter sur les autres tickets. La Française des jeux vient d'annoncer qu'elle lancerait, à côté de ces tickets à 15 euros, des tickets à 3 euros où il y aurait tous les monuments. Comme une collection des monuments que nous allons essayer de sauver. Là, la part reversée à la Fondation du patrimoine sera plus importante. Il faut rappeler que c'est un jeu d'argent. J'ai moi-même été un peu déçu de voir la part qui était un peu réduite mais en réalité, il faut que cela reste attractif. 73% des sommes sont reversées aux gagnants. Un ticket sur trois est gagnant. On peut aussi inciter les gens à faire un don défiscalisé à la Fondation du patrimoine, mais ceux qui n'ont pas joué n'ont pas gagné. C'est le principe. Ce que j'aimerais, c'est que l'Etat renonce à ses taxes. C'est mon credo. Certes, c'est un jeu d'argent mais c'est un jeu à vocation philanthropique. Il serait bien que l'Etat, au lieu de prendre dans une poche pour redonner au patrimoine dans l'autre poche, supprime cette tuyauterie administrative et un peu trop bureaucratique et technocratique.

Qu'est-ce que "l'attention particulière aux centres-bourgs et aux centres villes" annoncée dans votre projet ?

Mon propos c'est le centre-bourg. Les châteaux isolés c'est très bien, les grandes abbayes c'est formidable, mais il y a tout un maillage territorial. Dans les bourgs, il y a des monuments qui ne sont pas forcément inscrits ou classés monuments historiques mais ce sont des monuments remarquables. Il faut les protéger et les préserver, c'est l'art de vivre, c'est ce qui fait la convivialité et l'attractivité des villages. C’est de plus en plus difficile de trouver un village sans des choses immondes que certains maires ont autorisé à construire. Je pense qu'il ne faut pas fossiliser les villages, mais si vous voulez que les gens continuent à y vivre, il faut les préserver. Le patrimoine n'est pas un coût, c'est un investissement.

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