Restauration de Notre-Dame : plus de 1 000 experts appellent Emmanuel Macron à éviter la "précipitation"

Vue de la cathédrale Notre-Dame de Paris depuis la Tour Saint-Jacques, le 26 avril 2019. 
Vue de la cathédrale Notre-Dame de Paris depuis la Tour Saint-Jacques, le 26 avril 2019.  (ERIC FEFERBERG / AFP)

Les signataires du texte, publié dimanche soir sur le site du "Figaro", s'inquiètent du choix du gouvernement de passer, pour ce chantier, par un projet de loi autorisant des dérogations aux normes de protection patrimoniale. 

Un appel à la prudence, et l'expression d'une "vive inquiétude". Quelque 1 170 experts du patrimoine invitent le président de la République, Emmanuel Macron, a éviter la "précipitation" dans la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et à ne pas s'affranchir des règles de protection du patrimoine, dans une tribune publiée sur le site du Figaro, dimanche 28 avril.

"N'effaçons pas la complexité de la pensée qui doit entourer ce chantier derrière un affichage d'efficacité", interpellent ces conservateurs, architectes et professeurs français et étrangers, alors qu'Emmanuel Macron a promis de reconstruire d'ici cinq ans le joyau de l'art gothique en partie détruit par un incendie, le 15 avril dernier.

Les signataires, parmi lesquels le conservateur des monuments nationaux Laurent Alberti, critiquent le choix du gouvernement de passer par un projet de loi autorisant des dérogations aux normes de protection patrimoniale. "Prenons le temps de trouver le bon chemin et alors, oui, fixons un délai ambitieux pour une restauration exemplaire", plaident-ils.

Pour une restauration "scrupuleuse" et "réfléchie"

Les "choix" pour la restauration du monument doivent se faire "en ayant une approche scrupuleuse, réfléchie, de la déontologie", ajoutent-ils dans ce texte. Plusieurs voix dans le monde de la culture, dont l'animateur Stéphane Bern et l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, ont également exprimé leur préoccupation à l'encontre de ces dérogations.

Le ministère de la Culture a pour sa part assuré qu'il ne s'agissait "nullement de déroger aux principes fondamentaux de la protection du patrimoine". Les règles, pour les dérogations, "sont très étroitement délimitées" et l'exposé des motifs de la loi "vise spécifiquement la législation applicable aux abords des monuments, et non les monuments eux-mêmes", assure-t-il.

Vous êtes à nouveau en ligne