Pollution au plomb autour de Notre-Dame : syndicats et associations demandent le confinement du site

Le chantier de la cathédrale Notre-Dame, à Paris, le 17 juillet 2019.
Le chantier de la cathédrale Notre-Dame, à Paris, le 17 juillet 2019. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

L'incendie de la cathédrale, le 15 avril, a provoqué la fusion de plusieurs centaines de tonnes de plomb contenues dans la charpente de la flèche et de la toiture, qui se sont dispersées sous forme de particules.

Plus de trois mois après le sinistre, les inquiétudes demeurent. Un collectif de syndicats CGT et d'associations a demandé, jeudi 1er août, le "confinement total du site" de Notre-Dame de Paris et la création d'un centre de suivi sanitaire. Afin de stopper la "dissémination des poussières de plomb" , le collectif propose d'envelopper l'édifice et de faire en sorte "que la pression intérieure soit inférieure à la pression atmosphérique". 

"Il s'agit de créer une légère dépression" pour retenir les particules à l'intérieur de la cathédrale, a précisé Benoît Martin, de l'Union départementale CGT. Dans son communiqué, le collectif en appelle au Code du travail "pour tous travaux impliquant les risques Cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR)". Selon Benoît Martin, des salariés de sous-traitants privés, chargés d'évacuer les œuvres de l'édifice à la suite de l'incendie, n'ont toujours pas reçu les résultats des plombémies effectuées dans la semaine qui a suivi le sinistre.

Pour un suivi "clinique, psychologique et social" 

Rejoints dans leurs revendications par l'Association des familles victimes du saturnisme (AFVS) et l'association Henri Pézerat, les syndicats CGT, dont ceux de la préfecture de police, de la petite enfance, de l'habitat, de la Ville de Paris ou encore de la police d'Ile-de-France, demandent la création à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu d'un centre de dépistage et de suivi "clinique, psychologique et social" pour "toutes les personnes exposées".

Le préfet d'Ile-de-France a reconnu le problème, le 25 juillet. Citant le rapport de l'inspection du travail, il a expliqué que celle-ci avait constaté que les règles de précaution "n'étaient pas suffisamment" et pas "systématiquement appliquées", et que "les installations de décontamination" étaient "sous-dimensionnées". Il a d'ailleurs annoncé la suspension du chantier pour "quelques jours", afin de "mettre à plat" les pratiques. 

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