Notre-Dame : "Une flèche contemporaine, ce n'est plus à l'ordre du jour", confirme l'Association Sites & Monuments

Notre-Dame de Paris, le 29 juillet 2019. 
Notre-Dame de Paris, le 29 juillet 2019.  (RÉMI BRANCATO / FRANCE-INTER)

Son président d'honneur Alexandre Gady rappelle que c'était une idée d'Emmanuel Macron de lui donner une touche contemporaine. Il estime que le président avait réussi là le "chef d'oeuvre de créer le dissensus autour de cette question" à un moment d'unité nationale.

Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, assurait jeudi 9 juillet sur France Inter qu'un "large consensus" se dégageait pour la reconstruction à l'identique de la flèche de la cathédrale Notre-Dame. Invité de franceinfo jeudi midi, Alexandre Gady, professeur d’histoire de l’art à la Sorbonne et président d’honneur de l’association Sites & Monuments, a confirmé ce point. "C'est le président de la République qui a décidé depuis le début dans toute cette affaire de lancer la machine à toute vitesse et qui a parlé d'une flèche contemporaine, rappelle Alexandre Gady. Aujourd'hui, ce n'est plus à l'ordre du jour parce que dans les milieux professionnels, tout le monde est très réticent à cette option qui, depuis quelques mois, devient un problème de calendrier".

Le spécialiste du patrimoine a regretté la politisation du débat sur ces questions : "Nos commissions ne sont que consultatives, c'est une décision très politique. On sait bien que c'est un dossier qui dépasse la commission et qui a une dimension politique nationale."

Depuis le début, le président de la République s'est immiscé dans cette affaire, c'est la monarchie républicaine à la française. Et donc depuis le début, le débat est faussé et nous allons rendre un avis qui est déjà connu. Alexandre Gady, président d’honneur de l’association Sites & Monuments franceinfo

Pour Alexandre Gady, les discussions à propos de la reconstruction de la flèche de la cathédrale ont eu des conséquences négatives. "Le président de la République a réussi ce chef-d'oeuvre, après le consensus d'émotion de l'incendie, de créer le dissensus autour de cette question de la flèche, déclare-t-il. Il y avait là un moment d'unité nationale qui a été en partie brisé par cette question qui était très prématurée à l'époque".

"La vraie leçon c'est qu'on n'a pas été capables de protéger Notre-Dame"

Si cette problématique semble trouver sa solution, d'autres enjeux restent à résoudre. "Plus complexe est la question de la charpente qui aujourd'hui fait l'objet d'un débat entre une reconstruction en bois à l'identique, et une reconstruction à partir de matériaux contemporains", a expliqué le professeur. 

Alexandre Gaudy a insisté sur la nécessité de ne pas précipiter les choses. "On oublie aujourd'hui, un an après, que la vraie leçon de tout ça, c'est quand même qu'on n'a pas été capables de protéger Notre-Dame et qu'elle a brûlé sous nos yeux impuissants, pointe-t-il. C'est ça qu'il faut éviter demain, il faut faire les choses calmement et proprement".

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