Notre-Dame de Paris : la baisse des dons est "normale puisque les travaux n'ont pas commencé", estime la Fondation Notre-Dame

La cathédrale Notre-Dame à Paris, le 31 mai 2019.
La cathédrale Notre-Dame à Paris, le 31 mai 2019. (NOÉMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

Christophe Rousselot, délégué général de la Fondation Notre-Dame, appelle "à la patience" et rappelle que "chaque euro compte" pour restaurer Notre-Dame de Paris, à la veille de la première messe qui sera dite par l'archevêque de Paris dans la cathédrale.

Presque deux mois après l'incendie de Notre-Dame de Paris, 9% seulement des promesses de dons pour la reconstruction ont bien été concrétisées par un versement. Soit 80 millions confirmés sur 850 millions d'euros promis par les donateurs. Christophe Rousselot, délégué général de la Fondation Notre-Dame, était l'invité de franceinfo, vendredi 14 juin.

franceinfo : Comment expliquez-vous que les promesses de dons ne se concrétisent pas ?

Je crois que c'est normal puisque les travaux n'ont pas commencé. Nous sommes dans les travaux de sécurisation, ça fait partie d'un chantier au départ comme celui-là.

En mai, la Fondation du patrimoine a stoppé les appels aux dons en déclarant : 'On a quasiment trop d'argent'. Est-ce que cela a dissuadé des donateurs potentiels ?

Beaucoup se sont posés des questions, c'est vrai. Nous nous sommes employés à leur apporter une information juste. Le ministère aussi a rappelé que l'addition totale personne ne la connaissait. Ce qui est encore le cas à ce jour. Deux mois après, les expertises n'ont pas été menées encore à bien. Elles ont commencé évidemment, mais il faut encore un peu de patience, plusieurs semaines et peut-être plusieurs mois encore avant de connaître le montant total nécessaire. C'est pour ça que chaque euro compte.

Est-ce que les dons continuent à arriver ?

La source continue à couler. Elle n'est pas au volume de ce qu'on a connu jusqu'au week-end de Pâques. En revanche, nous collectons environ de l'ordre de 200 000 euros chaque semaine provenant par chèque et par dons via internet également et majoritairement ce qui est un élément nouveau. Le chèque est plus long à traiter, mais par internet, il y a des vérifications importantes à faire aussi. Tout cela représente 41 000 dons en ce qui nous concerne pour une somme totale de 15,7 millions précisément. Il y a très précisément 58 entreprises qui ont opéré des virements, trois collectivités locales ou collectivités publiques aussi qui ont donné, une grande masse de particuliers français, un peu étrangers, notamment américains.

S'il y avait trop d'argent à la fin que feriez-vous ?

C'est toujours une question qui a été posée. C'est une hypothèse possible. Dans la durée, nous avons vu bien des édifices religieux ou non disposant d'une fondation qui permettait, une fois que la génération qui s'en était occupée était passée, de prendre en compte des nouveaux besoins. Il peut y avoir une tempête un jour. On peut avoir besoin de nouveaux fonds, donc c'est une hypothèse envisageable. On y travaillera sérieusement quand on connaîtra le montant total et déjà un calendrier des travaux que nous n'avons pas encore puisque l'essentiel n'a pas été décidé.

Est ce qu'on est sûr aujourd'hui que tout cela est consolidé ou est-ce que la voûte peut encore s'effondrer ?

ll y a des travaux de sécurisation du site et nous espérons que ce travail soit terminé d'ici trois à quatre mois, c'est-à-dire que ça nous mènera au mois d'octobre. Nous avons des risques d'éboulement toujours présents.

Si la voûte tombe l'avenir de la cathédrale n'est pas assuré ?

Je crois qu'on peut faire toujours beaucoup d'hypothèses. Tout le monde se souvient de l'heure et demie pendant laquelle les pompiers avaient si extraordinairement travaillé. On se disait : 'La tour nord va-t-elle tenir ?' Donc il y a beaucoup d'hypothèses toujours qui méritent d'être étudiées et en tout cas pour tous ceux qui aujourd'hui peuvent s'approcher de la cathédrale, ils le voient. Il y a des étais qui ont été placés partout dans les ogives pour consolider les pignons nord, les pignons sud. S'agissant de la voûte précisément, il y a un plancher qui va être placé au-dessus de la voûte et un plancher au-dessous de telle façon qu'on puisse vérifier chaque pierre de la voûte. On comprend à quel point ce travail énorme, compte tenu de la qualité de cette voûte qui est en berceau, c'est le génie particulier de la conception de la cathédrale, mérite d'être entièrement vérifiée. Ca fait partie de la sécurisation du site.

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