Incendie de Notre-Dame : la cartographie des prélèvements de poussières de plomb est en ligne

Le chantier de Notre-Dame de Paris, six mois après l\'incendie de la cathédrale, le 14 octobre 2019.
Le chantier de Notre-Dame de Paris, six mois après l'incendie de la cathédrale, le 14 octobre 2019. (DENIS MEYER / HANS LUCAS / AFP)

Ce document recense les prélèvements effectués sur l'espace public (par les pouvoirs publics ou les communes) et rend publique une modélisation du panache de fumée dégagé lors du sinistre, confirmant que les retombées en plomb les plus fortes ont eu lieu au plus près de l'incendie.

L'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France a mis en ligne, mercredi 27 novembre, la cartographie des prélèvements de poussières de plomb au sol depuis l'incendie de Notre-Dame de Paris en avril, alors que les derniers examens de dépistage d'enfants n'ont pas révélé de nouveaux cas de surcontamination. Ce document recense les prélèvements effectués sur l'espace public (par les pouvoirs publics ou les communes) et rend publique une modélisation du panache de fumée dégagé lors du sinistre, confirmant que les retombées en plomb sont les plus fortes au plus près de l'incendie.

Entre mi-avril et fin octobre, 1 072 mesures de taux de plomb ont été réalisées sur des enfants et jeunes dans les arrondissements de Paris les plus proches de la cathédrale (1er, 4e, 5e, 6e et 7e). Douze cas dépassaient le seuil de déclaration obligatoire de saturnisme (50 microgrammes de plomb par litre de sang) "ce qui (...)  ne présente pas à ce stade de surcontamination", a déclaré le directeur régional de l'ARS Aurélien Rousseau. Dans 11 de ces 12 cas, "on a trouvé une source de contamination à domicile", notamment en raison de la présence de plomb dans les immeubles haussmanniens, a-t-il précisé en présentant ces résultats à la presse. Sur les 1 060 autres cas, 96 ont révélé un seuil de "vigilance" nécessitant un contrôle à six mois. Les tendances précédemment relevées se confirment donc.

Des taux de plomb encore élevés sur le parvis

Par ailleurs, l'ARS a fait réaliser par l'Institut français de l'environnement industriel et des risques une modélisation du panache de fumée de l'incendie, pour préciser sa trajectoire vers l'ouest et évaluer la quantité de poussière de plomb qu'il a pu entraîner. Tout en reconnaissant une "incertitude importante", l'Ineris a estimé à environ 150 kilos les poussières de plomb relâchées dans l'atmosphère, pour quelque 460 tonnes de plomb dans la toiture et la flèche de la cathédrale. Le panache s'est étiré jusqu'à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines et, dans les trois scénarios modélisés, ce sont les quartiers parisiens ou de la proche banlieue situés sur le chemin du panache qui ont été les plus affectés.

L'ARS a fait réaliser une centaine de prélèvements supplémentaires courant novembre, après cette modélisation. Elles confirment l'hypothèse de départ selon laquelle les retombées de plomb les plus importantes ont eu lieu dans la zone de 800 mètres autour de la cathédrale (non modélisée par l'Ineris), par projections lors d'effondrements par exemple, et non par la fumée.

Ainsi les taux relevés sur le parvis, toujours fermé au public, sont toujours élevés, avec des mesures à 30 000 voire 40 000 µg/m2, a souligné Aurélien Rousseau. "Plusieurs campagnes de nettoyage ont fait baisser ces niveaux, mais pas assez", a-t-il dit, précisant que "la nature même du revêtement [du sol] rend le nettoyage très difficile". Les déplacements de gravats peuvent aussi entraîner des "réémissions" de plomb. Le chantier de reconstruction reste ainsi "durablement surveillé", avec notamment des examens de plombémie pour les personnes y travaillant, a indiqué le responsable de l'ARS.

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