Incendie de Notre-Dame-de-Paris : la pollution au plomb sous-estimée ?

Lors de l’incendie de la cathédrale, des tonnes de plomb ont été brûlées et portées par le vent. Avec quelles conséquences sur la santé des habitants ? 

Le 15 avril dernier, Notre-Dame de Paris s’embrasait, suscitant l’émotion dans le monde entier. Mais au-delà du symbole et de la longue reconstruction du bâtiment, l’incendie a provoqué la combustion de tonnes de plomb dans le ciel parisien. "En quelques heures, la quantité de plomb brûlée et répandue dans le ciel parisien correspondent à quatre fois ce que les entreprises françaises émettent en une année", estime Annie Thébaud-Mony, chercheuse à l’Inserm. Ainsi, des taux de plomb anormalement élevés ont été constatés jusqu’à trois km de la cathédrale. Un deuxième enfant vient d’ailleurs d’être dépisté avec un taux anormal de plomb dans l’organisme, bien au-delà du seuil de dangerosité.

Une pollution sous-estimée par les pouvoirs publics ?

D’où cette interrogation : les risques sur la santé humaine ont-ils été sous-estimés par les pouvoirs publics ? Si les syndicats et les associations l’affirment sans ambages -le nettoyage et la dépollution des sites, dont le parvis, commencent en ce mois d’août 2019-, les instances estiment au contraire qu’il ne fallait pas se précipiter. "Notre réaction peut être considérée comme un peu longue, mais il a fallu mettre en place une méthodologie de nettoyage à la fois efficace et peu invasive. Le parvis sera rouvert rapidement", affirme Antoine-Marie Préaut, conservateur des monuments historiques et chef de service au sein de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d’Île-de-France. Pour sa part, l’agence régionale de santé conseille toutefois des dépistages pour les personnes qui vivent ou travaillent près de Notre-Dame de Paris, notamment les enfants, qui peuvent en cas d’intoxication au plomb souffrir, entre autres, de troubles cognitifs.

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