Incendie à Notre-Dame : "Il ne fallait surtout pas que les cloches s’effondrent"

Des pompiers arrosent la toiture de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour éviter que l\'incendie ne se propage aux beffrois, le 15 avril 2019.
Des pompiers arrosent la toiture de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour éviter que l'incendie ne se propage aux beffrois, le 15 avril 2019. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Le porte-parole des sapeurs-pompiers de Paris revient sur la difficile intervention lors de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame, et sur les mesures prises pour éviter l'effondrement des beffrois.

"Tout s’est joué autour d’une action collective" a expliqué Gabriel Plus, le porte-parole des pompiers de Paris, mercredi 17 avril sur franceinfo. Deux jours après l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame, il est revenu sur l'intervention de près de 400 pompiers pour tenter de sauver l'édifice, alors que "les flammes commençaient à lécher le beffroi nord où se trouvent huit cloches…"

franceinfo : "Tout s’est joué en un quart d’heure voire une demi-heure pour éviter que l’édifice ne s’écroule" a indiqué le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez. Que s’est-il passé précisément ?

Gabriel Plus : Tout s’est joué autour d’une action collective. Après une première phase de sidération et d’engagement immédiat de près de 400 pompiers, la décision était de savoir où il fallait arrêter ce feu pour qu’il ne touche pas le beffroi. Les flammes commençaient à lécher le beffroi nord où se trouvent huit cloches. Il ne fallait surtout pas que ces cloches s’effondrent sur la voûte, que la charpente qui les soutient cède, ce qui aurait pu déstabiliser l’ensemble de la structure. Cela aurait pu être dramatique. C’est pour cela qu’une vingtaine de pompiers se sont engagés par l’intérieur avec un certain nombre de risques, mesurés mais présents, pour établir des moyens hydrauliques afin de couper la propagation.

Vous avez arrosé les parties qui n’étaient pas encore touchées par le feu ?

Oui, il fallait arroser les parties qui n’étaient pas en train de brûler, établir un rideau d’eau entre le feu de la toiture et puis attaquer le feu qui commençait à se développer sur la charpente du beffroi nord. Heureusement les poutrelles de bois sont importantes. Elles sont, aujourd’hui, en partie calcinées mais elles continuent à soutenir ces cloches. Il faudra, selon les experts, démonter un certain nombre de cloches mais ce beffroi est sauvé et l’ensemble de la structure est sauvée.

On est sûr que la cathédrale ne risque pas de s’effondrer, même plus tard ?

Nous avons transféré cette action collective aux experts. Les architectes de la ville de Paris, du ministère de la Culture, qui ont établi un diagnostic très précis de l’ensemble de la structure de Notre-Dame. On peut souligner un certain nombre de petits miracles. Ni les croisées d’ogives qui soutiennent la voûte, ni l’ensemble de l’édifice n’ont été touchés. Preuve en est, un certain nombre d’œuvres ont été évacuées dans un premier temps par les pompiers de Paris et par des policiers. Les œuvres qui se situent dans les chapelles latérales n’ont, elles aussi, pas été touchées. Elles sont sauvées et selon les experts, l’ensemble de l’édifice tient. Alors oui, parce que la flèche s’est effondrée, les pignons sont fragilisés. Donc un certain nombre de statues vont être démontées pour éviter que les pignons, sous la force du vent, sous l’absence du toit qui les protégeait, ne s’effondrent.

Cinq ans pour rebâtir, cela vous parait possible ?

Rien n’est impossible. Il faut se fixer des défis importants parce que c’est l’histoire de la France qui était lundi sous nos yeux. C’était presque un rêve improbable pour les pompiers de Paris qui se présentaient devant ce feu. C’est quelque chose auquel on peut se préparer, il y a des exercices qui sont établis, mais quand le jour J arrive, on se dit que ce n’est pas possible, c’est un mauvais rêve. Mais le rêve de reconstruire, celui-là, est un beau rêve.

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