Pologne : des survivants de l'Holocauste poursuivent un éditeur de livres nazis

Adolf Hitler (à gauche) et Léon Degrelle (à droite), après la bataille de Tcherkassy, en 1944.
Adolf Hitler (à gauche) et Léon Degrelle (à droite), après la bataille de Tcherkassy, en 1944. (BELGA / AFP)

Ils demandent à la maison d'édition Katmar de retirer de la vente les ouvrages à la gloire d'Adolf Hitler, rédigés par un collaborateur belge et officier SS.

Deux survivants de l'Holocauste et un ancien résistant anti-nazi polonais poursuivent en justice un éditeur pour avoir publié des livres à la gloire de Hitler, annonce leur avocat, lundi 9 avril. La plainte, avec constitution de partie civile, vise Katmar, une maison d'édition de Gdansk, et porte sur deux livres de propagande pronazie signés par Léon Degrelle, collaborateur belge et officier SS :  Le Siècle de Hitler, publié en deux tomes, et Hitler Démocrate.

"La promotion du nazisme et la négation de l'Holocauste sont un délit en Pologne et en théorie sont passibles de poursuites pénales, mais dans la pratique les parquets n'agissent pas efficacement dans la plupart des cas", a déclaré à l'AFP Wojciech Kozlowski, l'avocat qui s'occupe du dossier à titre bénévole. "C'est le premier cas de poursuites au civil de ce genre jamais lancées en Pologne", a-t-il ajouté, précisant que le procureur avait rejeté une plainte précédente contre Katmar, qui s'appuyait sur un article du code pénal interdisant le discours haineux.

Les plaignants soutiennent que les livres de Degrelle sont de la propagande nazie plutôt que des documents historiques, en soulignant qu'ils ne contiennent pas d'introduction qui en préciserait le contexte. Les plaignants, tous octogénaires, réclament l'arrêt de la distribution des livres de Degrelle, la publication d'excuses dans les médias polonais et le versement de quelque 9 500 euros à des œuvres de charité.

La maison d'édition, qui publie par ailleurs de nombreux livres d'histoire, a fermement démenti toute sympathie d'extrême droite, affirmant que les ouvrages contestés donnaient une idée de la mentalité nazie et donc présentaient un intérêt historique. Elle assure avoir condamné l'idéologie nazie dans une note d'éditeur.

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