Mort de Robert Faurisson : le combat contre le négationnisme "n'est pas terminé", estime Serge Klarsfeld

Le président-fondateur de l'Association des fils et filles des déportés juifs de France a réagi sur franceinfo après le décès de l'ancien universitaire négationniste.

Le combat contre le négationnisme "n'est pas terminé", "sur le plan de la propagande, le combat continuera, et il continuera certainement pendant très longtemps", a estimé lundi 22 octobre sur franceinfo l'avocat Serge Klarsfeld, président-fondateur de l'Association des fils et filles des déportés juifs de France, après la mort du négationniste Robert Faurisson. Il considère en revanche que "le combat est terminé sur le plan scientifique, historique".

Le négationnisme "touche beaucoup de gens qui sont fragiles, et qui cherchent des boucs émissaires. Les juifs ont toujours été des boucs émissaires depuis des millénaires, cela continuera tant que l'éducation ne sera pas une éducation qui arme contre l'antisémitisme", souligne Serge Klarsfeld. Il considère que "les Français sont bien armés contre l'antisémitisme, même si une partie de la population, qui est d'origine musulmane, est sensible à des mots d'ordre ou à de la propagande qui vient de pays étrangers, et qui leur plaît parce qu'ils sont déjà dans le problème du Moyen-Orient, hostiles à Israël".

Inquiétudes politiques

Selon Serge Klarsfeld, Robert Faurisson a paradoxalement rendu service à ceux qui entretiennent la mémoire de la Shoah. "Confronté à une opposition et à une négation de ce qui s'est passé, le monde juif et le monde universitaire non-juif s'est mobilisé. De gigantesques centres de documentation ont été créés ou se sont développés à Jérusalem, à Washington, à New York, à Paris, en Allemagne", explique-t-il. "L'avenir de la mémoire de la Shoah est tout à fait garanti, les thèses négationnistes sont écrasées", selon lui. Il rappelle que les thèses de Robert Faurisson ont été développées "au moment où il y avait encore la Guerre froide, au moment où les archives étaient fermées dans le monde occidental. Cette période est terminée. Aujourd'hui il y a des milliers de thèses, des dizaines de milliers d'ouvrages, et il n'y a pas de contestation possible".

Le président-fondateur de l'Association des fils et filles des déportés juifs de France n'a aucune "inquiétude sur l'avenir de la mémoire de Shoah". "Mais j'ai de grandes inquiétudes sur l'environnement politique. Il suffirait d'un vote pour que le Rassemblement national arrive au pouvoir et qu'on détruise par l'éducation ou la mauvaise éducation qu'on donnerait, ce qui a été construit et qu'entre le pouvoir politique et Faurisson, il y ait une adéquation", met en garde Serge Klarsfeld.

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