"Autant en emporte le vent" revient sur HBO Max accompagné de deux vidéos rappelant le contexte historique dans lequel il a été tourné

Clark Gable (Rhett Butler) et Vivien Leigh (Scarlett O\'Hara) dans le film \"Autant en emporte le vent\" (1939). 
Clark Gable (Rhett Butler) et Vivien Leigh (Scarlett O'Hara) dans le film "Autant en emporte le vent" (1939).  (MAXPPP)

Accusé de présenter une vision édulcorée de l'esclavage dans le sud des Etats-Unis, le film est désormais accompagné d'une introduction qui explique qu'il s'agit d'un "document de référence sur les pratiques racistes d'Hollywood qui ont eu lieu par le passé".

Le classique du cinéma Autant en emporte le vent est de retour sur la plateforme de diffusion HBO Max depuis mercredi 24 juin. Le film est accompagné de deux vidéos rappelant le contexte dans lequel il été tourné.

Ce long métrage fleuve (3h58) de Victor Fleming, sorti en 1939 et qui a remporté huit Oscars en 1940, a été retiré de la plateforme début juin alors qu'une vague de manifestations aux États-Unis a dénoncé le racisme systémique dans le pays après la mort de George Floyd à Minneapolis. Autant en emporte le vent était accusé de présenter une version romantique du Sud lors de la guerre de Sécession (1861-1865) et une vision très édulcorée de l'esclavage, avec du personnel de maison dépeint comme satisfait de son sort et traité comme des employés ordinaires.

Il est désormais accompagné d'une introduction de quatre minutes et de l'enregistrement d'une table ronde sur le film au festival Turner Classic Movie (TCM) en 2019.

Le film "présente le Sud d'avant la guerre comme un monde de grâce et de beauté sans reconnaître la brutalité de l'esclavage sur lequel ce monde était basé", explique l'universitaire Jacqueline Stewart, animatrice du TCM et spécialiste du cinéma, dans l'introduction.

"Un document majeur sur les pratiques racistes d'Hollywood" 

"Quatre-vingts ans après sa sortie initiale, Autant en emporte le vent est un film d'une importance culturelle indéniable. Il s'agit non seulement d'un document de référence sur les pratiques racistes d'Hollywood qui ont eu lieu par le passé, mais aussi d'une œuvre de culture populaire qui parle ouvertement des inégalités raciales qui persistent dans les médias et la société d'aujourd'hui", ajoute cette professeure d'études cinématographiques à l'université de Chicago. 

Jacqueline Stewart rappelle également que, lors de la cérémonie des Oscars en 1940, Hattie McDaniel, qui incarne la servante de Scarlett O'Hara dans le film, a dû s'asseoir à une table isolée des acteurs blancs, en raison de la ségrégation raciale en vigueur à l'époque. Hattie McDaniel a été aussi, ce soir-là, la première Afro-Américaine à remporter un Oscar.

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