75e anniversaire de la Libération de Paris : "Nous avons fait notre devoir", se souvient un résistant qui a occupé l'Hôtel de ville

Des Parisiens, accueillant les soldats de la 2e division blindée, devant l\'Hôtel de ville de Paris, le 25 août 1944.
Des Parisiens, accueillant les soldats de la 2e division blindée, devant l'Hôtel de ville de Paris, le 25 août 1944. (- / AFP)

Charles Pegulu de Rovin avait 18 ans lors de la Libération de Paris le 25 août 1944. Les jours précédents, il était derrière les barricades de l'Hôtel de ville.

"Nous avons fait notre devoir", estime Charles Pegulu de Rovin, qui a participé à la libération de Paris il y a 75 ans. En 1944, du 19 au 25 août, après quatre ans d'occupation allemande, des Parisiens envahissaient l'Hôtel de ville. Charles Pegulu de Rovin avait 18 ans. Il s'est souvenu sur France Bleu Paris de cette épisode marquant de la seconde guerre mondiale. Alors étudiant en école d'ingénieur, il faisait également partie des équipes nationales prêtes à donner un coup de main pendant la guerre.

Le canon du char s'est tourné en direction de l'Hôtel de ville, j'ai fait mon signe de croixCharles Pegulu de Rovin

Le 19 août 1944, il se souvient avoir fait ses adieux à sa soeur avant de rejoindre l'Hôtel de ville. Pour y arriver, il raconte avoir rusé : "Je m'étais acheté un bleu de travail, (...) on passe inaperçu et on est tranquille". Derrière les barricades, Charles Pegulu a bien pensé que son heure était venue. "On a vu arriver une colonne allemande et les ordres étaient donnés de ne pas tirer. Mais, un connard - excusez-moi l'expression, a pris le fusil. Le canon du char s'est tourné en direction de l'Hôtel de ville, j'ai fait mon signe de croix et je me suis dit que désormais, c'était là-haut que ça allait se passer", confie-t-il. Par chance, ce jour-là, le char a tiré à côté et est reparti.

Le 24 août 1944, la 2e division blindée entre enfin dans Paris, il "y a du sérieux qui est arrivé". Charles Pegulu de Rovin a alors compris que c'était "dans la poche". La ville de Paris a été libérée le lendemain, le général de Gaulle est arrivé à l'Hôtel de ville et a prononcé son fameux discours. Le jeune étudiant escortera même le général, assis sur l'aile de sa voiture.

Le reportage de Joanna Yakin
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne