Elle numérise nos films de famille, œuvrant aussi pour les historiens du futur

Eva et un film en cours de restauration
Eva et un film en cours de restauration (C. Crenn France 3 Champagne-Ardenne Culturebox)

A Revin, dans les Ardennes, Eva Benoliel est restauratrice de films. A partir des pellicules tournés par les parents et les grand-parents en 8 ou super 8mm, elle numérise nos souvenirs. Vacances, anniversaires ou simples activités quotidiennes, elle permet de voir à nouveau le passé des familles. Elle crée en même temps des documents qui seront précieux aux yeux des historiens du futur.

Quand Eva Benoliel, interrogée sur sa profession, répond "restauratrice de films", son interlocuteur l'imagine travaillant une à une les images d'un film d'Orson Welles ou d'une oeuvre perdue et retrouvée de D. W. Griffith. Erreur, les films qui passent entre ses mains n'ont pour vedette que des enfants le jour de leur anniversaire, des pères faisant les idiots en maillots de bain sur la plage ou des paysages de vacances filmés plus ou moins adroitement.

Reportage : France 3 Champagne-Ardenne S. Julien / C. Crenn / D. Fleury / E. Forzy

Grande valeur

Les bandes que cette jeune femme de Revin, dans les Ardennes, numérise sont nos films de famille. Il ne faut pourtant pas se leurrer, ils ont beaucoup plus de valeur que ce que l'on pourrait en penser de prime abord. Une valeur sentimentale, d'abord, aux yeux de ceux qui se revoient avec quelques dizaines d'années de moins ou qui redécouvrent le visage des proches disparus. Une valeur testimoniale ensuite. Car ces films modestes possèdent l'énorme vertu d'avoir fixé le quotidien d'une époque.

On a l'impression qu'on connaît cette famille, même si on ne la connaît pas vraiment. On est entré dedans... et on transpose aussi dans notre propre famille...Eva Bénoliel, restauratrice de films

Préservation

Années 40, 50, 60 ou 70, les films possèdent le charme déjà surrané des voitures aux lignes désuétes, des vêtements à l'élégance dépassée, des coiffures qu'on n'oserait plus arborer aujourd'hui. Ils disent de leur époque bien davantage que l'âge de l'enfant qui souffle ses bougies et seront dans un futur incertain étudiés par des historiens pour qui nos générations ne seront plus que des silhouettes animées à 24 images seconde. Et c'est bien grâce au travail de préservation d'Eva Benoliel que ces films, numérisés alors qu'ils peuvent encore être projetés, ne se seront pas autodétruits, rongés par le temps et la corrosion.
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