Journées nationales de l'Archéologie : au cœur d'un chantier de fouilles à Mainvilliers

Le chantier de Mainvillier sa démarré l\'an dernier et ouvre ses portes à l\'occasion des Journées nationales de l\'archéologie.
Le chantier de Mainvillier sa démarré l'an dernier et ouvre ses portes à l'occasion des Journées nationales de l'archéologie. (SAMUEL MONOD - RADIO FRANCE)

De vendredi à dimanche se déroulent les Journées nationales de l'Archéologie. L'occasion de visiter près d'un millier de sites archéologiques partout en France. À Mainvilliers, près de Chartres, un chantier a démarré l'an dernier.

Une grande plaine de six hectares, l’équivalent de huit terrains de football, jonchée de trous et de cailloux : difficile de penser que cet endroit a servi d’habitat pendant 1 200 ans. Ici, pas de pinceaux et autres petits instruments pour déblayer le terrain. Les archéologues utilisent des pelleteuses pour gagner du temps, avec un léger risque d’abîmer les vestiges. Nous sommes à Mainvillier, près de Chartres, où on peut découvrir trois périodes de l'histoire, des Gaulois jusqu'à l'époque médiévale, en passant par les gallo-romains. Le chantier a démarré l'an dernier et ouvre ses portes à l'occasion des Journées nationales de l'Archéologie.

Thierry Massat est le directeur technique à l’Institut national de recherche archéologique préventive (INRAP) : "On essaye de faire attention, mais si on faisait le décapage à la main ça prendrait beaucoup de temps, c’est 20 000 mètres cubes de terre. À la pelle, par exemple, ça a pris un mois." Les dizaines de trous dans la terre sont des fonds de cabane, des bâtiments très présents pendant la période du Haut Moyen-Age. "C’est une petite construction semi-enterrée, plus ou moins rectangulaire, de quelques mètres carrés qui étaient majoritairement destinés à des pratiques artisanales", détaille Thierry Massat.

Un peu plus loin, deux lignes parallèles sont bordées par des trous remplis de grosses pierres. Selon Franck Vernot, archéologue à l’INRAP, on y mettait des poteaux pour faire tenir la structure d’un bâtiment : "C’est vraiment le reliquat de l’empreinte, au sol, du trou qui a été effectué pour mettre les poteaux qui vont servir à tenir toute la charpente du bâtiment. Donc on en déduit la présence d’un bâtiment et son ampleur." L'archéologue précise qu'avec des analyses complémentaires "on peut même en déduire s’il y a eu des bêtes parquées à l’intérieur ou si au contraire se sont plutôt des Hommes qui étaient présents."

On a retrouvé un certain nombre de tessons et de poteries qui nous renseignent sur ce qu’on fait à cet endroit-là.Franck Vernot, archéologue à l'INRAPà franceinfo

Il y a au total 1 800 structures archéologiques sur le site de Mainvilliers, dont les vestiges de cette exploitation agricole gallo-romaine. Il ne reste plus que les stigmates de la clôture, construite avec de la pierre réutilisée pendant des siècles. Pour les archéologues, c’est un avantage comme l'explique Franck Vernot : "C’est ce qui fait que beaucoup de vestiges ont été entièrement récupérés. On a retrouvé un certain nombre de tessons, de poteries qui nous renseignent sur ce qu’on fait à cet endroit-là. Si on a plutôt des gros vases un peu épais, on va plutôt être dans du stockage alors qu’au contraire, des vases plus fins on est plutôt dans une cuisine ou un lieu de vie." 

Le chantier devrait se terminer au mois d’août prochain. Les vestiges seront transportés puis analysés dans des laboratoires. Le terrain de Mainvilliers, lui, redeviendra une terre d’exploitation agricole.

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