Universal finalise le rachat de EMI

(VU-IMAGE/SIPA Autre)

La Commission Européenne a validé le rachat de EMI par son concurrent Universal, la plus grosse des maisons de disques du marché. Un feu vert qui achève de modifier le paysage économique de la musique : le secteur mondial se répartira désormais entre trois majors (Universal, Warner, Sony) et une foultitude de labels indépendants.

L'opération était engagée depuis novembre 2011, quand Universal,
filiale de Vivendi, a offert, en échange de la major concurrente, un chèque de
1,45 milliards d'euros à la banque Citigroup, actuel propriétaire de la maison
de disques EMI. Cette dernière, exsangue, est passée par une farandole de plans sociaux
depuis les débuts de la crise du secteur, en 2000.

Cette fois, l'étape finale de cette absorption s'est faite ce vendredi, via le feu vert de la Commission Européenne, au moment même où Universal
vient de verser 90% du prix de rachat sur les comptes bancaire de Citigroup, pour acquérir la maison de disques de David Guetta, Katy Perry ou Blur.

Des concessions de taille 

L'aventure a connu plusieurs épisodes, car le projet a,
légitimement, soulevé de nombreuses interrogations : avec cette fusion, la
nouvelle major Universal-Emi aura une belle longueur d'avance sur ses
concurrentes, et pourrait peser, en Europe et dans plusieurs pays, plus de
40% du marché de la musique, ce que refusent catégoriquement les autorités
européennes.

Pour montrer patte blanche, et rassurer le secteur, Universal a donc accepté de faire de grosses concessions pour être sûr de passer sous ce
pourcentage fatidique : notamment rétrocéder plusieurs labels de la major
(Mute, Chrysalis Records ou Virgin Classics), abandonner une grosse partie du
catalogue Parlophone (qui possède les droits d'artistes comme comme Coldplay ,
Gorillaz ou Norah Jones), évalué à plus de 300 millions d'euros de chiffres
d'affaire, et se défaire aussi de nombreuses filiales européennes d'EMI (France,
Belgique, Grèce, Suède ou Pologne).

Universal garde tout de même un joli
trésor de guerre : après avoir déjà ravi à EMI le catalogue des Rolling Stones en 2008, elle mets enfin la main sur la totalité des chansons des Beatles.

Un nouveau paysage économique pour la musique

La décision était examinée ce vendredi par les autorités de
concurrence européennes, avec une date butoir ( le 27 septembre)
pour valider son choix, qui entrainera sans doute dans son sillage une
décision favorable de la Commission fédérale du Commerce américaine (FTC).
D'autres pays comme le Canada, le Japon et la Nouvelle-Zélande ont déjà approuvé
cette fusion.

A terme, ce rachat d'EMI devrait dessiner un nouveau paysage
dans l'économie mondiale de la musique, encore plus concentré: un secteur dominé par trois géants (
les majors Universal-Emi, Sony et Warner) chargés de faire fructifier les plus
gros artistes, mais alimenté aussi par de nombreux labels indépendants, de
tailles diverses, plus axés sur les missions de "têtes chercheuses".

Désormais, le clivage économique sera plus clair que jamais entre deux univers musicaux : catalogues
"grand public" et répertoires plus "pointus". 

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