Une lettre de Beethoven d'une grande valeur historique retrouvée en Allemagne

Des timbres chinois à l\'effigie de Ludwig van Beethoven, commercialisés en 2010 en Chine.
Des timbres chinois à l'effigie de Ludwig van Beethoven, commercialisés en 2010 en Chine. (ZHU ZIHAN / AFP)

Cette missive de six pages, dans laquelle le compositeur révèle certains pans de sa vie privée, a ressurgi à la faveur d'un legs à l'institut Brahms de Lübeck, en Allemagne.

Il s'agit d'un document rarissime. Une lettre de six pages écrite par le compositeur allemand Ludwig van Beethoven a ressurgi de l'oubli à la faveur d'un legs à un institut allemand, revèle mardi 10 janvier l'institut Brahms de Lübeck (Allemagne). Dans cette missive, qui porte la signature et le sceau du compositeur, ce dernier se plaint notamment de sa maladie et de son manque d'argent.

Beethoven, qui a peu écrit de lettres dans sa vie, demande ici au harpiste et compositeur Franz Anton Stockhausen de l'aider à trouver acquéreur pour sa Missa solemnis, une messe qu'il a achevée en 1823. Après la mort du compositeur, quatre ans plus tard, ce courrier a abouti entre les mains d'une professeure de musique, Renate Wirth, l'une des descendantes du destinataire. Cette dernière vient de le confier à l'institut Brahms.

Une valeur d'au moins 100 000 euros

L'écriture de Beethoven, inclinée vers la droite, n'est guère appliquée, et les corrections sont légion. "Beethoven n'était pas un compositeur qui avait une belle écriture. Il écrivait comme cela lui venait, raturait, ses pensées changeaient et il continuait ainsi, telle est en tout cas l'impression que donne la lettre", raconte Stefan Weymar, musicologue attaché à l'institut Brahms.

Le plus frappant dans ce courrier concerne les détails de sa vie privée, ses inquiétudes pécuniaires, ses problèmes de vue. Beethoven, qui avait 53 ans lorsqu'il a rédigé cette lettre, y évoque l'éducation coûteuse de son neveu et le soutien dont celui-ci aura besoin quand le compositeur se sera éteint.

Pour le directeur de l'institut, Wolfgang Sandberger, ce document est unique."Ce legs est d'une valeur historique exceptionnelle, un coup de chance pour l'institut Brahms. La lettre de Beethoven est évaluée à plus de 100 000 euros"

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