Manu Katché ramène son groove dans "The ScOpe", son dixième album

Manu Katché, la batterie ou l\'amour du beau geste.
Manu Katché, la batterie ou l'amour du beau geste. (France 3 Culturebox)

Se faire un nom en jouant de la batterie. C’est la prouesse réalisée par Manu Katché, devenu un batteur de référence, et dont le groove très personnel a séduit des artistes internationaux. Un talent qu’il déploie à nouveau dans "The ScOpe", son dixième album solo où il endosse aussi la casquette d'auteur et de compositeur. L’occasion d’évoquer avec lui sa carrière et les bases du "son Katché".

Trouver son style. Pour un musicien, c’est peut-être le Graal. Savoir qu’en l’écoutant les yeux fermés, on reconnaît son style en se disant : "C’est lui, et pas un autre." Quand on y réfléchit bien, il y a peu de musiciens, connus du grand public, qui peuvent se prévaloir de cela. Manu Katché en fait partie. Quand on veut citer des noms de batteur qui font référence, et pas seulement en France, son nom arrive en tête de liste. Ce n’est pas un hasard si le natif de Saint-Maur-des-Fossés a posé ses baguettes sur plus de 300 albums, aux côtés d’artistes français (Véronique Sanson, Michel Petrucciani, Jean-Jacques Goldman, Michel Jonasz, Francis Cabrel...) ou étrangers (Sting, Peter Gabriel, Youssou N’Dour, Dire Straits...)

La "Katché touch"

C'est quoi le style Katché ? Eric Cornet a demandé au musicien de l'expliquer par une petite démo. Un groove "classique" suivi d'un groove "façon Katché" : "Moi, je vais le décaler avec des drums et des cymbales", explique le musicien. Ça paraît simple et pourtant, ça apporte un peu d'âme en plus. 

Reportage France 3 : E. Cornet, Y. Bodin, M. Hauville, J. Michaan, A. Janot, S. Lacombe

Finesse, légèreté, élégance

Cet ancien élève du Conservatoire a découvert la batterie un jour en regardant un musicien rock à la télé. "J’ai entendu le son mais c’est la gestuelle qui m’a interpellé. J’ai trouvé ça super beau." Cette esthétique du geste, c’est ce qui fait -en partie- sa différence, comme l’explique Michel Jonasz. Le chanteur fut l’un des premiers à être séduit par le stype Katché : 

"Le jeu de Manu, c’est comme du taï-chi : il est très enraciné et en même temps, il a une finesse, une légèreté, une élégance dans les gestes… Il a cette harmonie-là."Michel Jonasz

"Lâche-toi Manu"

Mais rien ne va jamais de soi, même pour les plus doués. Manu Katché raconte comment Peter Gabriel l’a aidé à se libérer. En 1986, le chanteur britannique engage le batteur pour jouer sur son album "So". Une collaboration qui fera entrer Katché dans la cour des grands. Et pourtant, en séance studio, ça avait mal commencé : "Je ne m’en sortais pas très bien", raconte Manu Katché. "Peter Gabriel a débarqué dans le studio et s’est mis à danser, à l’africaine… Sans la parole, il m’a fait comprendre 'Manu vas-y, joue comme t’as envie de jouer'... À partir de là, je me suis lâché."

Un album plus "dansant"

Si Manu Katché a accompagné les plus grands, il a aussi tracé son chemin en solo, explorant pendant une dizaine d’années le répertoire jazz.  Pour "The ScOpe", il a eu envie de changer radicalement : "J’ai eu l'envie d'apporter un petit peu de côté on-tape-des-pieds-on-tape-dans-les-mains, on peut choper le petit refrain, le chanter, en même temps avoir le sourire et peut-être éventuellement danser."
(DR)
Pour ce dixième opus, il s’est entouré de Jérôme Regard à la basse, de Patrick Manouguian à la guitare et d’Elvin Galland aux claviers. Côté voix, on peut savourer la présence du chanteur sénégalais Faada Freddy, le rappeur parisien Jazzy Bazz et la chanteuse de folk américaine Jonatha Brooke.
Manu Katché est en tournée jusqu’au 25 avril 2020, date à laquelle il jouera au Palais des sports de Paris.
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