Bob Dylan confie que les images de la mort de George Floyd l'ont "rendu malade"

Bob Dylan le 22 juillet 2012 au festival des Vieilles Charrues à Carhaix-Plouguer (Finistère)
Bob Dylan le 22 juillet 2012 au festival des Vieilles Charrues à Carhaix-Plouguer (Finistère) (FRED TANNEAU / AFP)

Le légendaire artiste s'est exprimé sur la mort de l'Afro-Américain George Floyd en mai durant son interpellation par des policiers, et a fait part d'un certain pessimisme sur l'avenir de l'espèce humaine, dans une interview accordée outre Atlantique.

"Cela m'a rendu malade de le voir torturé de la sorte", a confié le célèbre protest-singer Bob Dylan, qui a fêté ses 79 ans le 24 mai, dans un rare entretien publié vendredi par le New York Times, en allusion à la mort de George Floyd, asphyxié par un policier blanc dans le Minnesota, l'État natal du chanteur.

Il s'agit de la première véritable interview de Bob Dylan depuis qu'il a obtenu le prix Nobel de littérature en 2016. "Cela va au-delà de l'horreur. Espérons que justice sera rapidement rendue pour la famille Floyd et le pays." La légende de la folk music, dont certaines chansons comme l'emblématique Hurricane (1976) ont dénoncé les violences policières contre la minorité noire, s'apprête à sortir, vendredi 19 juin son premier album de chansons originales en huit ans, Rough and Rowdy Days.

Fin mars, alors que la pandémie de coronavirus commençait à frapper de plein fouet les États-Unis, Bod Dylan avait sorti sa première chanson en huit ans, Murder Most Foul, une ballade de 17 minutes consacrée à l'assassinat du président américain John F. Kennedy en 1963.

"Peut-être sommes-nous à la veille de l'anéantissement"

Dans l'interview parue vendredi, réalisée par téléphone depuis sa maison de Malibu, en Californie, l'auteur-compositeur de Blowin' in the Wind se montre pessimiste sur l'avenir du monde et les conséquences de la pandémie de coronavirus. "Une arrogance extrême peut mener à des sanctions désastreuses. Peut-être sommes-nous à la veille de l'anéantissement", dit-il, en balayant néanmoins toute notion d'avertissement "biblique".

Bob Dylan précise ne pas penser à sa propre mort. "Je pense à la mort de la race humaine", dit-il. "Le long et étrange périple du singe nu (...) Tout être humain, aussi fort et puissant soit-il, est fragile face à la mort. J'y pense en termes généraux, pas personnels."

Dans le reste de son interview, Dylan parle de son nouvel album, évoque Little Richard (disparu le 9 mai mai) qu'il admirait depuis toujours et d'autres artistes pop et rock comme John Lennon et The Eagles. Il parle aussi du jazz, l'une de ses influences.

Avant la pandémie, Bob Dylan se produisait régulièrement en concert. Il avait notamment prévu une série de concerts en avril au Japon et en juin aux États-Unis, tous annulés.

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