Ovni pop en lutte contre les discours anxiogènes, le groupe Catastrophe promet de "donner le tournis" à Rock en Seine

Le groupe Catastrophe : Blandine, Arthur, Carol, Pierre, Pablo et Bastien. Ils seront à Rock en Seine le samedi 24 août. 
Le groupe Catastrophe : Blandine, Arthur, Carol, Pierre, Pablo et Bastien. Ils seront à Rock en Seine le samedi 24 août.  (Rod Maurice)

Groupe touche-à-tout à géométrie variable, Catastrophe oppose à l'anxiété du monde un humour ravageur. A découvrir à Rock en Seine samedi 24 août, ou en direct de votre canapé sur le site france.tvculturebox.

Leur mantra : "Tout pourrait être autrement". Les membres du groupe Catastrophe s'attaquent samedi 24 août à la grande scène de Rock en Seine, un des festivals les plus attendus de l'été. Une date importante pour le groupe. "Cela nous donne confiance, car on fait quelque chose d'original. Jouer à Rock en Seine a un effet de légitimation assez important", explique Blandine, membre du groupe et également écrivaine.

Créé en 2015 sous l'impulsion de Blandine, Pierre et Arthur, le groupe Catastrophe sort discrètement un mini-disque intitulé Dernier soleil (Tricatel) en 2016. Son titre phare : Party in my Pussy, morceau pop accompagné d'un clip étrange et déluré. Le ton est donné. Il s'en suit une tribune dans Libération, Puisque tout est fini alors tout est permis, prenant la forme d'un manifeste générationnel. Le groupe fustige l'époque pessimiste dans laquelle ils ont grandi, invitant à "inventer une nouvelle voie". L'article est signé "Collectif Catastrophe". Mais ne les appelez pas "collectif", pour eux c'est un malentendu : "on n'arrive pas à s'en débarrasser", expliquent ceux qui se considèrent comme un "groupe d'individualités".

Pourquoi Catastrophe ? "On s'est dit que c'était drôle de faire un projet auquel on croit et de l'appeler d'emblée Catastrophe", explique Blandine. "Ça nous plaît aussi de prendre un mot qui fait peur, qui est partout dans les journaux, et de l'exorciser."

Léger et grave

De l'article naît un essai du même ton : La nuit est encore jeune est publié aux éditions Pauvert en 2017. C'est à cette date que le groupe marque sa naissance, celle d'une affirmation de son identité. Un an plus tard sort un deuxième album, toujours chez Tricatel, prolongation musicale du livre dont il porte le même nom. Composé de quatorze chansons pour chaque heure de la nuit, l'album séduit pour sa poésie, ses tonalités pop aux accents lyriques.

Depuis leurs premiers écrits, les choses ont changé : "Au moment où l'on a écrit les premiers textes, il y avait quelque chose de très résigné dans l'air. Je crois qu'aujourd'hui il y a une prise de responsabilité générale face aux enjeux politiques et climatiques", avance Blandine. Catastrophe s'affirme engagé tout en rejetant la rigidité de certaines formes de militantisme. "Faire de la musique c'est une manière d'être léger et grave. C'est le lieu d'accidents, le lieu où passer un message sans qu'il ne soit trop pesant, où l'on peut alterner la légèreté et la gravité", explique Pierre.

On voulait s'autoriser à parler du monde qu'on vit et de nos inquiétudes. De la peur de la catastrophe qui nous traverse comme elle traverse actuellement le reste du monde. Mais s'autoriser à en parler en faisant un pas de côté, en osant danser.Blandine, membre du groupe Catastrophe

Musique et performances artistiques

Trois ans après ses débuts, le groupe qui a compté jusqu'à quinze membres s'est réduit : "Petit à petit on a trouvé notre colonne vertébrale et le groupe s'est sédimenté autour de six membres, auquel s'ajoutent des invités sur certains projets", explique Pierre. Les trois fondateurs sont aujourd'hui accompagnés de Pablo, Carol et Bastien. Dans Catastrophe, tout le monde chante, joue et danse mais chacun a ses spécialités, que ce soit au niveau de la composition, du texte ou de la musique. La magie tient en une formule : "Ne rien s'interdire". "On a envie de réaliser des choses qui nous excitent et qu'on ne voit nulle part. Ça s'exprime par la musique mais aussi par du texte, des événements, des performances. On ne s'interdit pas d'essayer des choses où l'on est débutants. Ça nous excite, au contraire, d'être des 'amateurs professionnels'", confie Blandine.

Musicalement aussi, l'évolution est présente. "Je pense qu'on est plus pop qu'avant, en tout cas c'est ce qu'on vise : pop dans le sens de l'objet pop, mais aussi dans le sens de populaire. On souhaite parler à plein de gens différents, être plus accessibles", continue la chanteuse. Le résultat est frais, joyeux et amusant. Flirtant avec la littérature, la performance artistique et l'expérimentation, Catastrophe se veut protéiforme. Le groupe multiplie les projets : aux concerts et festivals s'ajoutent 12 heures de radio pour la nuit du Nouvel An, des performances dans des musées, des librairies, en Bavière et au Japon. Dernièrement, le groupe a signé un single écrit avec 80 enfants des quartiers nord de Marseille, intitulé Bruce Lee.

A Rock en Seine, le groupe promet "plein de surprises". "On va filmer le show et ce sera le film officiel de notre tournée", affirme Arthur, pour qui Rock en Seine est une date symbolique. "C'est un des premiers festivals où je suis allé", raconte le musicien. Et pour la suite, l'ambition est toujours au rendez-vous. "On travaille sur un gros projet pour l'été 2020, qui devrait mêler pop et spectacle vivant." Catastrophe le music-hall, c'est pour bientôt.

Catastrophe est samedi 24 août à 15h30 sur la Scène Principale de Rock en Seine. Le concert est à suivre en direct sur le site de France.tv Culturebox

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