Un festival hip-hop parisien sous la menace d'une association de riverains

Détail de l\'affiche du festival Révolution, programmé à Paris le 22 septembre 2019
Détail de l'affiche du festival Révolution, programmé à Paris le 22 septembre 2019 (Hiya!)

Une association de riverains du Stade Jean-Bouin, à Paris, tente de faire interdire le festival Révolution programmé dans cette enceinte le 22 septembre prochain. Le TGI rendra sa décision le 18 septembre, soit quatre jours avant l'évènement.

Lancé par Hiya!, organisateur d'événements liés à la culture urbaine, le festival Révolution annonce quelque douze heures de live avec des groupes comme les pionniers français IAM et Assassin. Les organisateurs étaient assignés mercredi 4 septembre en référé par des riverains du stade Jean Bouin ((Paris XVIe).

Le TGI de Paris a indiqué qu'il rendrait sa décision le 18 septembre, a-t-on appris mercredi auprès des organisateurs.

"Toutes les mesures préventives avaient été prises" selon les organisateurs

Les riverains "n'avaient pas de fondement juridique pour demander l'annulation, mais ont demandé la désignation d'un expert pour mesurer les nuisances sonores, notamment en sondant les appartements autour", a précisé à Abdallah Slaiman, cofondateur d'Hiya!, organisateur d'évènements liés à la culture urbaine, comme ce festival baptisé "Révolution".

"Ce sont des mesures lourdes, c'est un peu ridicule de déployer tout ça pour un festival de musiques urbaines, surtout que le Stade Français (club résident de Jean-Bouin, gestionnaire de l'enceinte et partenaire de l'évènement) avait déjà pris toutes les mesures préventives en terme de bruit", déplore-t-il.

Les riverains réclament aussi "une expertise en terme de sécurité", précise Rockin' Squat, parrain du festival et leader d'Assassin, groupe pionnier du rap français. "Avec une décision rendue le 18 septembre, quatre jours avant l'évènement, ça nous met dans une situation délicate en tant qu'organisateurs et producteurs", ajoute-t-il.

Les "stéréotypes liés au hip-hop" ont la vie dure

"Je suis surpris mais pas étonné, derrière ça il y a encore la condamnation de stéréotypes liés au hip-hop, ce n'est pas dit ouvertement, mais de façon insidieuse, par des gens des beaux quartiers opposés à ce genre d'évènement", poursuit le rappeur, Mathias Cassel (fils de Jean-Pierre Cassel et frère de Vincent), de son vrai nom.

"On va se battre pour imposer le festival, pour qu'il ait lieu, et puis surtout pour leur prouver que nous sommes des gens intelligents, passionnés et équilibrés", avait promis Rockin' Squat mardi.

Le festival ne propose pas que des concerts - sont également programmés Kaaris, Oxmo Puccino, Medine, Fianso entre autres, avec une clôture à minuit - mais aussi des fresques réalisées en temps réel par des graffeurs. Il doit aussi y avoir , des "battles" (concours) de danse ou encore des ateliers d'initiation au rugby, puisque le Stade Français, club résident de Jean-Bouin et gestionnaire de l'enceinte, est partenaire de l'évènement.

L'avocat de l'association des riverains n'a pu être contacté par l'AFP.

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