"On est là, les concerts se déroulent!" : au Printemps des Inouïs à Bourges, artistes et organisateurs s'étonnent de ce "miracle"

Une festivalière masquée regarde un artiste sur scène au Palais d\'Auron, le 16 septembre 2020, à l\'ouverture du Printemps des Inouïs à Bourges (Cher, France).
Une festivalière masquée regarde un artiste sur scène au Palais d'Auron, le 16 septembre 2020, à l'ouverture du Printemps des Inouïs à Bourges (Cher, France). (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Alors que tant d'évènements autour des musiques actuelles ont dû jeter l'éponge en raison de la crise sanitaire, le Printemps des Inouïs, festival dédié aux découvertes, se déroule comme prévu à Bourges depuis mercredi et jusqu'à vendredi. 

Privés de Printemps de Bourges en avril pour cause de crise sanitaire, artistes, public et professionnels ont douté jusqu'au bout de la tenue ces jours-ci du Printemps des Inouïs, un festival réinventé et dédié aux artistes émergents. Aujourd'hui, ils sont bien là et se pincent pour y croire.

"C'est un miracle d'être là", lâche sur scène  Arnaud, le chanteur du duo électro-pop suisse Baron.e, en ouverture du festival mercredi 16 septembre. Son soulagement est partagé par la trentaine de jeunes talents qui se succèderont jusqu'à vendredi 18 septembre dans la cité du Cher, alors que tant d'évènements autour des musiques actuelles ont été annulés cet été ou cet automne.

La même incertitude a tenaillé les organisateurs ces derniers jours. "On est ravis, on est là, les concerts se déroulent !", se réjouit Rita Sa Rego, directrice des Inouïs, dispositif de repérage et d'accompagnement des talents de demain du Printemps de Bourges.

Il y a encore une semaine, on retenait notre souffle, on se demandait : est-ce qu'on va aller jusqu'au bout ? Mais oui, le public et les pros sont là pour voir ces 33 artistesRita Sa Rego, directrice des Inouïs

Un seul lieu et une formule cabaret

Pour respecter les contraintes sanitaires, l'évènement s'est concentré dans un seul lieu, le Palais d'Auron, ramené à 700 places contre 2.500 en temps normal. Pour utiliser au mieux l'espace, alors que le public debout est toujours interdit,  les gradins cernent une fosse en mode cabaret. C'est-à-dire avec des rangées de tables entourées de trois chaises, pour conserver une distanciation.

Les consignes sont répétées à l'entrée: ne pas déplacer le mobilier, ne rien laisser traîner (verres ou autre) une fois l'emplacement quitté. Dès qu'une grappe du public s'en va (entrées et sorties sont distinctes), le personnel du festival nettoie la table.

Et les spectateurs sont évidemment masqués, mélange de grand public et de professionnels (tourneurs, programmateurs) venus jauger la relève des musiques actuelles, en majorité française mais aussi suisse et belge.

Même masqué et assis, le public exprime son ressenti

Pas trop frustrant que le public ne puisse pas danser? "On voit des gens qui bougent les pieds, et les yeux en disent beaucoup, il faut aller chercher les réactions", dissèque Arnaud de Baron.e, devant une bière après une prestation efficace.

"Les gens avaient des masques, mais dans ma tête, là, en en parlant, ils n'avaient pas de masques (rires). Le corps en dit aussi beaucoup, même assis", prolonge sa partenaire Faustine, fumant sa cigarette roulée.

"Ces Printemps Inouïs, c'est une chance", savoure Leys, rappeuse nouvelle génération, parrainée par Kery James, juste avant son passage sur scène. "Je me dis qu'il n'y a pas de hasard: le festival habituel (avec des têtes d'affiche confirmées aux côtés des espoirs, ndlr) a été annulé mais il y a un évènement pour les Inouïs, je ne dois pas laisser passer cette chance, et montrer aux pros que je suis déterminée".

Ce qu'elle a fait sans ciller dans une robe à la Beyoncé. Celle qui se compare dans un de ses titres à Claude Makelele a livré un set combattif, à l'image de l'ancien milieu de terrain de l'équipe de France. Face au Covid, les jeunes pousses n'ont pas prévu de se laisser abattre.

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