"Un Bal masqué" : le plus romantique des opéras de Verdi à Rennes

Un bal masqué de Verdi
Un bal masqué de Verdi (C2Images pour l'Opéra national de Lorraine)

Après avoir été joué au théâtre Graslin de Nantes, "Un Bal masqué" de Giuseppe Verdi s'installe à Rennes jusqu'au 6 avril. Un opéra en trois actes inspiré de la mort de Gustave III de Suède. Un opéra mêlant amour et complot, tragique et comique.

C'est sans doute le plus shakespearien des opéras de Verdi. Gustave III, au pouvoir en Suède, est menacé par un complot suite aux réformes qu'il a entreprises. Le souverain s'est, par ailleurs, épris d'Amelia, l'épouse de son ami et conseiller le Comte Renato Anckarström. Lors d'un bal masqué donné par le monarque, Renato -le mari bafoué- mêle sa jalousie à la véhémence des opposants à Gustave pour commanditer son meurtre. Cette histoire, mise en musique par Verdi, est inspirée en partie de faits réels : l'assassinat de Gustave III de Suède lors d'un bal masqué en 1792, relaté dans un livret d'Eugène Scribe pour "Gustave III ou le Bal masqué" d'Auber. Ce livret sera ensuite adapté par Antonio Somma. Un spectacle en italien, surtitré en français, joué à Nantes et à voir désormais à l'opéra de Rennes.

Reportage : France 3 Pays de la Loire, V. Calcagni / M. Thiebaut / L. Bellanger / S. Goubil.

 

Ce que j'aime profondément dans la musique de Verdi, c'est qu'il y a des sentiments mais jamais de sentimentalisme.

Pietro Mianiti
directeur musical


Cette version de Un Bal masqué, dirigé par Pietro Mianiti et mis en scène par Waut Koeken, est une nouvelle production créée à l'Opéra de Lorraine en avril 2018. La distribution est presque uniquement italienne : Monica Zanettin interprète Amelia, Stefano Secco joue lui Gustave III et Luca Grassi donne sa voix au Comte Renato Anckarström. Mais les chanteurs sont accompagnés par l'orchestre national des Pays de la Loire et le Choeur d'Angers Nantes Opéra. 

(C2Images pour l'Opéra national de Lorraine)

 

La noblesse des sentiments

"Ce qui rend attachants les héros (...), c'est qu'ils ne sont nullement des archétypes", estime Alain Surrans, le directeur général d'Angers Nantes Opéra. "La force du sentiment qui s’abat sur [Gustave et Amelia] est une violente surprise pour chacun d’eux, une expérience sidérante, une épreuve à laquelle ces adultes proches de l’âge mûr n’étaient pas préparés. La musique de Verdi souligne à chaque instant leur générosité, leur noblesse. Et cette noblesse est même partagée par Anckarström, le mari, qui devrait n’avoir ici que le mauvais rôle et se révèle lui aussi sensible et généreux, toujours amoureux de sa femme, même s’il choisit, en poignardant son bienfaiteur, d’assumer le rôle du jaloux prêt à la traîtrise". 

(C2Images pour l'Opéra national de Lorraine)

 

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