Tout savoir sur l'opéra et le ballet : l'Opéra de Paris lance Aria, une application instructive et ludique

Lisette Oropesa est Marguerite de Valois\" (à gauche) and Ermonela Jaho est Valentine (à droite) dans \"Les Huguenots\" de Giacomo Meyerbeer, en répétition à l\'Opéra Bastille (Paris, le 21 septembre 2018).
Lisette Oropesa est Marguerite de Valois" (à gauche) and Ermonela Jaho est Valentine (à droite) dans "Les Huguenots" de Giacomo Meyerbeer, en répétition à l'Opéra Bastille (Paris, le 21 septembre 2018). (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Les clés de l'art lyrique et du ballet sur Aria, un site de vulgarisation lancé par l'Opéra de Paris.

Quelle est la différence entre un baryton et un ténor ? Que fait exactement un chef d'orchestre ? L'Opéra de Paris lance Aria, un site mobile de vulgarisation de l'opéra et de la danse.

L'annonce est tombée en plein confinement mais c'est un projet qui aurait dû voir le jour en janvier. Et puis il avait été reporté en raison de la grève sans précédent du personnel de l'Opéra contre la réforme du régime des retraites, à laquelle s'est ajoutée la paralysie due au coronavirus qui a entraîné l'annulation, du 9 mars au 7 avril, de 30 spectacles.

"Une fenêtre ludique" sur l'opéra et le ballet

À l'heure où la consommation de contenus sous forme numérique bat son plein, le site est accessible depuis jeudi 9 avril en français et en anglais, en France et dans le monde, sur téléphones portables et tablettes. Avec le slogan "L'Opéra n'a rien de classique", il se veut une mini-encyclopédie censée donner les clés d'un art lyrique souvent jugé élitiste. Un peu à la manière de certains ouvrages didactiques, mais en version interactive.

"L'ambition est d'ouvrir une fenêtre digitale, interactive, ludique sur le monde de l'opéra et du ballet", a expliqué à l'AFP Martin Ajdari, le directeur général adjoint de l'institution. "La difficulté pour que l'opéra élargisse son public, c'est la perception que c'est un monde fermé, qui a ses codes, que 'ce n'est pas pour moi'", indique-t-il. Pour lui, le public cible est "celui qui est curieux, familier des usages numériques mais intimidé par ce monde".

Gratuit, le site propose sur un ton ludique trois moyens de découverte interactive : "Je me laisse guider", "Je veux explorer les thèmes" ou "J'ai une question". D'où vient le mot ballet ? Comment s'appelle l'opéra de Rossini où l'on retrouve les personnages d'une pièce de Beaumarchais ? Quelle est la différence entre une soprano léger et une soprano dramatique ? Les réponses aux différentes interrogations sont accompagnées d'un extrait sonore, d'un texte et/ou d'une vidéo explicative.

Y apparaissent le patron de l'Opéra Stéphane Lissner, le directeur musical Philippe Jordan, la directrice du Ballet de l'Opéra Aurélie Dupont et de nombreux artistes de la maison comme les musiciens qui expliquent leur instruments, les artistes de chœur ou les techniciens.

Écouter les différentes tessitures de voix

Ainsi Marianne Croux, une soprano de l'Académie de l'Opéra - qui se charge de la transmission de différents métiers - explique que le mot soprano vient du mot "sopra" (au-dessus en italien) ; c'est donc une chanteuse qui chante avec une voix plus aiguë qu'une mezzo-soprano ou qu'une alto. Le site, dont le contenu sera enrichi en permanence, donne ensuite la possibilité d'écouter ces différentes tessitures de voix.

Pour la danse, il présente des focus sur des chorégraphes, des questions sur les différences entre le classique et le contemporain, des exercices de reconnaissance de la musique de ballet, ou encore des explications d'Elisabeth Platel, directrice de l'Ecole de danse qui détaille l'enseignement des petits rats de l'Opéra. Le site ne se limite pas au monde exclusif de l'opéra : dans la section "crossover", on découvre les liens entre le monde lyrique et d'autres modes d'expression artistiques, comme le cinéma, la musique électro, la pop culture...

Quel réalisateur italien a réalisé quatre films-opéras ? demande Aria qui explique par ailleurs comment le leitmotiv, procédé cher à Wagner, a été utilisé dans la musique de Star Wars.

Le projet, initialement porté par le prédécesseur de Martin Ajdari, Jean-Philippe Thiellay, devenu en janvier directeur du nouveau Centre national de la musique, a bénéficié du mécénat du géant chinois des télécoms Huawei, et a été réalisé en partenariat avec la société de conseil en transformation numérique Keyrus. Grâce à l'intelligence artificielle, Aria utilise un chatbot pour dialoguer avec l'utilisateur et lui proposer un contenu personnalisé lors de ses connexions ultérieures.

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