Secoué par la grève et l'épidémie de coronavirus, l'Opéra de Paris ferme ses portes pour travaux à l'automne

Le plafond de l\'Opéra Garnier à Paris, peint par Marc Chagall, avec son célèbre lustre.
Le plafond de l'Opéra Garnier à Paris, peint par Marc Chagall, avec son célèbre lustre. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS)

La vénérable institution vient de vivre une année de crise inédite.

L'Opéra de Paris, secoué cette année par une grave crise en raison de la grève sur la réforme des retraites, suivie de l'épidémie du coronavirus, va fermer à l'automne pour travaux, a annoncé le ministère de la Culture jeudi 11 juin. Le ministère a également indiqué que le directeur sortant de la plus grande maison d'Europe, Stéphane Lissner, quitterait ses fonctions fin décembre, soit six mois avant l'échéance initialement prévue de son mandat. 

"L'Opéra de Paris est à genoux"

Dans un communiqué, l'institution tricentenaire indique pour sa part qu'en raison des travaux (initialement prévus à l'été 2021), le palais Garnier restera fermé jusqu'à décembre, tandis que l'Opéra Bastille le sera jusqu'au 24 novembre, entraînant l'annulation des opéras et ballets pendant cette période. "Au terme d'une année de crise inédite", le ministre de la Culture Franck Riester a confié au successeur de M. Lissner, Alexandre Neef, la mission de proposer dès l'automne 2020 des orientations "pour maintenir l'excellence et le rayonnement" de la maison.

Et signe des changements radicaux qui s'annoncent pour l'une des plus prestigieuses maisons d'opéras du monde et de la mission ardue qui attend M. Neef, le ministre l'a chargé de revisiter le "modèle économique, social et organisationnel" de l'Opéra afin "d'assurer les conditions d'une exploitation équilibrée".

Dans un entretien diffusé jeudi dans Le Monde, M. Lissner annonçait son départ avant le terme "pour qu'il n'y ait plus qu'un seul patron à bord" à partir de janvier 2021, précisant que la maison n'aura probablement "plus de fonds de roulement d'ici fin 2020" et que "l'urgence de la situation économique va exiger des prises de décision drastiques et immédiates, qui auront un impact social important". "Nous affichons 40 millions d'euros de dettes et l'Opéra de Paris est à genoux", a-t-il notamment déclaré.

Reprise à Bastille avec "La Bayadère"

2020 a été un "annus horribilis" pour l'Opéra avec en décembre et janvier une grève historique de son personnel contre la réforme des régimes spéciaux préconisée par le gouvernement, entraînant plusieurs dizaines d'annulations et des pertes de billetterie de millions d'euros. Et à peine la réouverture entamée que la pandémie du Covid-19 a frappé, entraînant la fermeture de l'Opéra et de l'ensemble des théâtres depuis la mi-mars.

Stéphane Lissner, qui a été nommé au Théâtre San Carlo de Naples, a indiqué que la réouverture de Bastille se ferait avec un ballet classique, La Bayadère, et deux reprises d'opéras, La Traviata et Carmen. Son plus grand projet pour sa dernière saison, le Ring de Wagner (une trétralogie ambitieuse que devait monter Calixto Bieito), tombe à l'eau.

Vous êtes à nouveau en ligne