"Barkouf", opéra-bouffe sur le pouvoir : Offenbach au cœur de l'actualité à Strasbourg

\"Barkouf\" d\'Offenbach par l\'Opéra du Rhin
"Barkouf" d'Offenbach par l'Opéra du Rhin (France 3 / culturebox / capture d'écran)

Pour punir une cité rebelle, un dictateur nomme son chien comme gouverneur... "Barkouf ou un chien au pouvoir" d'Offenbach intrigue d'abord par son thème. Et encore plus quand on apprend que cet opéra-bouffe n'a été joué qu'en 1860 avant d'être censuré. L'Opéra National du Rhin a choisi de redonner vie à cette histoire d'un peuple lassé de la tyrannie de ses dirigeants. A voir jusqu'au 8 janvier.

C'est un hommage un peu en avance au bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach, que l'on célébrera en 2019, que cette remise sur le devant de la scène de "Barkouf ou un chien au pouvoir", son opéra le plus méconnu. Il ne fut joué qu'à sa création en 1860 avant d'être censuré puis ensuite de tomber dans l'oubli. Mais en pleine crise sociale dans notre pays, cette histoire de dictateur qui se fait remplacer par son chien, sonne particulièrement juste, tant son message politique est moderne. Preuve également qu'une scène de spectacle reste un endroit de libre expression, cet opéra-bouffe parodiant grâce à une mise en scène moderne (et quelques masques) notre classe dirigeante actuelle dans son ensemble. A voir jusqu'au 8 janvier à l'Opéra de Strasbourg et à La Filature de Mulhouse

Reportage : France 3 Alsace : D. Gerner / P. Dezempte / M. Kelhetter

Toute ressemblance avec des situations ou des personnages réels... Dans cette farce d'Offenbach, le sérieux du propos n'est jamais très loin du comique de situation. Ainsi quand un chien se met à gouverner un peuple malmené par ses dirigeants, les choses finissent par aller beaucoup mieux. Une pièce très actuelle et qui résonne encore plus depuis le début du mouvement des "gilets jaunes".

On parle beaucoup du peuple, de la volonté du peuple qui se rebelle contre l'autorité. Ce chien, qui est au pouvoir et que l'on ne voit jamais, est une sorte de symbole de la voix du peuple".
 Mariame Clément, metteuse en scène du spectacle

Macron et les autres caricaturés

Une oeuvre tombée dans l'oubli depuis 150 ans qui resurgit en pleine crise sociale. Sur scène, les comédiens et chanteurs n'ont pas hésité à porter des masques d'Emmanuel Macron, d'Edouard Philippe et toute la classe politique, opposition comprise, preuve que la liberté d'expression a encore sa place dans la création.

Et voilà une occasion en or de donner un coup de fraîcheur et de jeunesse à cette pièce dont personne ou presque ne se souvenait. "On est les premiers à faire redécouvrir cette oeuvre, qui est, je pense, une grande oeuvre d'Offenbach", selon Jacques Lacombe, chef d'orchestre de l'Opéra du Rhin. 

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