Musique : Gorillaz : "Humanz" dans tous les sens

Gorillaz lors d\'un de ses derniers concerts accompagnant \"Plastic Beach\", en 2010 en Australie.
Gorillaz lors d'un de ses derniers concerts accompagnant "Plastic Beach", en 2010 en Australie. (RICHARD SHARMAN / MAXPPP)

Le groupe virtuel Gorillaz, emmené par Damon Albarn et Jamie Hewlett, était très attendu, après sept ans de silence. Il revient avec un album qui part dans toutes les directions avec un fond politique très présent, même en pointillés.

Gorillaz sort des albums quand il y a quelque chose à dire. Demon Days était un enfant du 11-Septembre, Plastic Beach un cri anti-pollution, il y a sept ans. Et Humanz, donc ? Jamie Hewlett, créateur et graphiste en chef de Gorillaz, l'affirme : "Il a été influencé par les changements politiques dans le monde, aux États-Unis, en Grande-Bretagne comme en France ; on ne veut pas nécessairement prêcher, mais tout est là".

Pour ce cinquième disque, Hewlett est toujours aux dessins, pour donner vie à l'univers cartoonesque et apocalyptique de Gorillaz. Et Damon Albarn, l'ami d'adolescence, entre le retour de Blur, sa carrière solo ou son aventure musicale au Mali, a convoqué une vingtaine d'artistes sur les 26 pistes de l'album.

Je leur ai donné une phrase très simple : "Imaginez ce que vous ressentiriez si Donald Trump était élu"Damon Albarn, co-producteur de Gorillaz

La chanteuse Mavis Staples, Benjamin Clementine, les rappeurs De La Soul, mais aussi Jean-Michel Jarre ou l'acteur Ben Mendelssohn pour les interludes, Humanz part dans tous les sens, la voix de Damon Albarn y semble parfois perdue. Mais, étrangement, un message fort émerge de ce Humanz, avec un Z. Jamie Hewlett en fait une interrogation, et dit-il : "Je crois plus en la puissance de l'art que de la politique".

Et si Damon Albarn a créé la musique sur fond d'Amérique en plein changement, son Angleterre natale hante aussi son art et ses textes : "Je n'ai pas vu venir le Brexit, confesse-t-il, et si j'avais pensé, ne serait-ce qu'une seconde, que le pays dans lequel j'ai grandi et que j'aime, où j'ai été un gamin luttant contre le racisme dans les années 1980, reviendrait à ces jours sombres, je n'aurais pas fait un album mais je serais descendu dans la rue pour faire quelque chose".

Cela vous montre à vous, Français, combien il faut être vigilant : on dirait bien que la démocratie est quelque chose de dangereuxDamon Albarn, co-producteur de Gorillaz

Gorillaz revient avec "Humanz", condensé chaotique de sept ans de réflexion
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Gorillaz, Humanz (Warner/WEA). Album disponible. En concert le 24/11 au Zénith de Paris.

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