Musique : Eminem, renaissance à mi-chemin

Sur la pochette de son nouvel album \"Revival\", Eminem se prend la tête derrière le drapeau américain.
Sur la pochette de son nouvel album "Revival", Eminem se prend la tête derrière le drapeau américain. (DR)

Eminem sort vendredi 15 décembre "Revival", son neuvième album studio attendu depuis quatre ans et annoncé comme un brûlot anti-Trump. Le président américain est très présent dans quelques textes en effet, mais pour le reste la déception est à la mesure des attentes.

On attendait le retour d'un rappeur culte, énervé, violent et cru... et voici que ce Revival est truffé d'hymnes pop un peu mièvres, ce que l'annonce des participations d'Ed Sheeran ou de la chanteuse Skylar Grey laissait craindre. Certes, ce mélange a créé certains des plus grands titres d'Eminem - Stan avec la chanteuse Dido il y a déjà 17 ans par exemple - mais le rappeur de 45 ans donne l'impression de courir éperdument après cette formule, s'adressant toujours à sa mère, sa fille, son père, ses blessures.

Alors certes il y a l'apparition de Beyoncé (Walk On Water), certes, comme promis Donald Trump en prend plein la tête (Like Home, avec Alicia Keys), jusqu'à être comparé à Adolf Hitler, certes on pourra toujours s'extasier sur la diction, la maestria et le flow d'Eminem (Offended par exemple)... Mais cela ne suffira pas à effacer l'impression que le rappeur a désormais un train de retard sur le hip-hop tel qu'il triomphe aujourd'hui.

"Revival", Eminem et la demi-mesure
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Eminem, Revival (Aftermath/Shady/Interscope Records). Album disponible.