"Let the Light in" de Shama Rahman, un troisième album lumineux au croisement des cultures

Shama Rahman
Shama Rahman (BabelSound)

Accompagnée d'un bassiste espagnol et d'un violoniste serbe, la chanteuse d'origine bangladaise mixe avec délicatesse les sonorités du monde

La chanteuse multi-instrumentiste Shama Rahman sort un nouvel album, Let the Light in. Un opus au confluent de plusieurs cultures qui parle de failles, d'amour et ... de Brexit.

La diversité en elle

Originaire du Bangladesh, née aux Emirats Arabes Unis, vivant en Grande-Bretagne. Docteur en neurosciences, actrice, chanteuse, maniant avec un égal bonheur le piano, le violon et le sitar bangladais, Shama Rahman porte en elle la réalité de la diversité. 

C'est donc naturellement qu'elle a constituté autour du bassiste espagnol Daniel Abad et du violoniste serbe Djordje Mijuskovic une mosaïque de musiciens européens pour son troisième opus.

Let the Light in rappellera forcément queqlue chose aux fans de Léonard Cohen. C'était en effet un des titres de son album Anthem en 1992. Shama Rahman a voulu rendre hommage au Canadien en reprenant cette expression porteuse d'espoir. La chanson-titre de l'album pointe du doigt ces fêlures qui apparaissent dans les moments sombres et au travers desquelles on peut apercevoir la lumière.

Narrator Records, Babel Sound

L'album est aussi une mosaïque de styles qui, en sept titres, s'assemblent harmonieusement. Aqueous Wasteland ouvre cet opus dans une ambiance trip hop enrichie du sitar de Shama. Le jazz psyché de Storm in a Tea Cup se mâtine de sonorités urbaines.

Où il est question du Brexit et d'amour

Shama Rahman, qui a élu domicile en Grande Bretagne, a été marquée par le Brexit et elle le fait savoir dans Blood Moon sur un air jazzy qui ne cache pas la critique et le constat du fossé existant entre ceux qui prennent les décisions et ceux qui les subissent. Un credo pro-européen qu'elle martèle avec Stay, un titre sans paroles mais dont le rythme marque la valse hésitation sur le sujet.

Daniel Abad et sa basse, Djordje Mijuskovic et son violon, et Shama Rahman se retrouvent pour parler d'amour sur l'envoûtant Shundor aux vibrations indiennes, une chanson douce inspirée d'une chanson folklorique bengali. 

L'étourdissant Ch*N Ch*N nous entraîne dans les pas d'une jeune fille dont les bracelets de cheville font ce bruit caractéristique lorsqu'elle marche vers un festival libre et joyeuse. Precious referme ce troisième album, hymne au croisement des cultures, sur ce message que Shama Rahman porte en elle depuis toujours  :il y est question d'un mariage mixte et de la nécessité de préserver la culture commune qui en émane.

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