Le marché de la musique poursuit son agonie

Un poster à l\'effigie de la chanteuse de R\'n\'B Rihanna installé sur un stand au Midem, le rendez-vous de l\'industrie de la musique enregistrée qui se tient chaque année à Cannes (Alpes-Maritimes). 
Un poster à l'effigie de la chanteuse de R'n'B Rihanna installé sur un stand au Midem, le rendez-vous de l'industrie de la musique enregistrée qui se tient chaque année à Cannes (Alpes-Maritimes).  (ERIC GAILLARD / REUTERS )

Pour la neuvième année consécutive, les chiffres de la musique enregistrée sont en baisse. Pourtant, le numérique continue de progresser. 

Le marché de la musique enregistrée recule en France pour la neuvième année consécutive. En 2011, il affiche une baisse de 3,9 % à 617,2 millions d'euros, selon les chiffres publiés lundi 30 janvier par le Snep, principal syndicat de producteurs de disques, en direct du Midem, à Cannes, où se réunissent les professionnels de la musique.

Si on ne tient compte que de l'évolution des ventes physiques (CD et DVD) et numériques de musique (téléchargement, streaming...), le marché de la musique enregistrée a reculé de 5,6 % sur l'année. Cette baisse est à peu près équivalente à celle enregistrée en 2010.

Abonnements et streaming en progression

Le marché physique seul a poursuivi son repli, avec une baisse de 11,5 % à 412,6 millions d'euros. Le numérique reste en forte progression et représente désormais 21 % des ventes. Au sein de ce segment, le téléchargement a progressé de 18,4 %, à 56,4 millions d'euros. 

Les revenus des abonnements ont explosé de 89,4 %, à 25,9 millions d'euros, soit presqu'un quart du marché numérique (contre 15,5 % en 2010).

Les revenus du streaming financé par la publicité ont bondi de 50,2 %, à 13,9 millions d'euros. Mais du fait de leur faible rendement, leur part reste faible dans les revenus numériques (12,5 %).

Enfin, les revenus tirés de la téléphonie mobile, qui regroupent des produits en fin de vie comme les sonneries de téléphone, ont reculé de 17,4 % à 14,4 millions d'euros.

Une industrie toujours pro-Hadopi

Lors d'une conférence de presse, le directeur général du Snep, David El Sayegh, s'est adressé aux politiques en faveur du maintien de l'Hadopi pour lutter contre le téléchargement illégal et que le PS envisage de remplacer par une grande loi sur l'exception culturelle en cas de victoire : "On enverrait un message catastrophique en légalisant les échanges hors marché. On veut qu'une vraie autorité, efficace, reste en place", a-t-il déclaré.

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