"La musique symphonique, c'est le sommet de la montagne" : Michel Legrand sort son premier album classique

Michel Legrand à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), le 22 septembre 2016
Michel Legrand à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), le 22 septembre 2016 (MAXPPP)

Le célèbre compositeur et pianiste Michel Legrand sort vendredi son tout premier album de musique classique. Anne Chépeau l'a rencontré pour franceinfo.

À 85 ans, il sort vendredi 10 mars son tout premier album de musique classique. Le célèbre compositeur et pianiste Michel Legrand, auteur de plus de 150 musiques de films, dont celle des Parapluies de Cherbourg (1964) ou des Demoiselles de Rochefort (1967), a composé un concerto pour piano, qu'il interprète lui-même, et un autre pour violoncelle, interprété par Henri Demarquette. Tous deux ont été enregistrés avec l'Orchestre philarmonique de Radio France.

Après avoir dirigé vendredi un ciné-concert de ses musiques de film à la salle Pleyel, à Paris, Michel Legrand sera en concert pour un récital de piano solo le 1er avril à Nantes et le 3 avril à Rennes.

franceinfo : Vous avez été formé au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Ce nouvel album est-il une manière de renouer avec vos années de jeunesse ?

Michel Legrand : Quand j'avais 20 ans, que je suis sorti du conservatoire, j'avais décidé que j'allais essayer d'exister dans toutes les disciplines musicales auxquelles je voulais m'attaquer. Je savais que quand j'allais atteindre les 80 ans, ma dernière ligne droite serait consacrée à la musique symphonique.

Quelle place occupent ces concertos dans votre travail de compositeur. Peut-on dire que ce sont des concertos "de cœur" ?

Quand les musiques sortent comme ça, c'est qu'on a vraiment envie de les écrire. Désormais, le sentiment qui me vient naturellement, c'est de la musique symphonique. J'ai usé toutes les autres musiques. Il ne me reste que celle-là. Elle est peut-être le sommet de la montagne à laquelle on s'attaque.

J'ai été très influencée, non pas par la musique sérielle ou dodécaphonique, mais par la musique tonale. Ce que j'aime, ce sont les mélodies qui règnent et les harmonies magnifiques. Mes fantômes, ils viennent de l'école française : Gabriel Fauré, Maurice Revel, Claude Debussy, César Franck. Ils viennent également de l'école russe, d'Igor Stravinski et de Sergueï Prokofiev. Tous ces compositeurs volent autour de moi.

Ces concertos sont-ils aussi un hommage à Nadia Boulanger, la musicienne et compositrice auprès de laquelle vous vous êtes formés au conservatoire ?

Oui, je lui dois beaucoup. Toute ma vie musicale est un hommage à Nadia Boulanger. La musique de cinéma et toutes les musiques que j'ai faites pendant des années viennent vraiment de sa volonté et de son esprit.

Dans votre travail de compositeur, on a l'impression que l'un de vos objectifs permanent est de garder l'émotion de l'auditeur...

La musique tonale est faite d'émotions. Elle est faite pour nos larmes, nos rires, notre joie, notre détresse... La patte musicale ne vient que du tremblement émotionnel.

"La patte musicale ne vient que du tremblement émotionnel" : Michel Legrand, interviewé par Anne Chépeau
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