VIDEO. Eurovision : le conflit israélo-palestinien s'est invité au concours de chant

Deux danseurs de Madonna arborent des drapeaux israélien et palestinien sur la scène de l\'Eurovision, le 18 mai 2019, à Tel Aviv. 
Deux danseurs de Madonna arborent des drapeaux israélien et palestinien sur la scène de l'Eurovision, le 18 mai 2019, à Tel Aviv.  (ORIT PNINI / KAN / AFP)

Des danseurs de Madonna ainsi que les représentants de l'Islande ont arboré ou agité des fanions aux couleurs de la Palestine en plein direct. 

"Pas de politique !" Stéphane Bern, qui présentait, samedi 18 mai, la soirée de l'Eurovision depuis Tel-Aviv (Israël), a sèchement rappelé les règles strictes du concours. A l'antenne, les représentants de l'Islande, le groupe Hatari, arboraient des drapeaux palestiniens. La finale de l'Eurovision, apolitique mais précédée par les appels au boycott de la part des défenseurs des Palestiniens, n'a pas échappé entièrement à la controverse. Deux séquences ont particulièrement été soulignées. 

La scène finale de la prestation de Madonna

La diva américaine était très attendue. Invitée spéciale de cette 64e édition du concours de chant, elle est montée sur scène dans une tenue extravagante, bandeau sur un œil, et a interprété Like a Prayer et son nouveau titre Future. Fausses notes comprises. 

Mais c'est la scène finale de sa prestation qui a surtout été remarquée. Deux de ses danseurs arboraient dans le dos des drapeaux israélien et palestinien, tout en s'enlaçant, dans ce qui ressemblait à un message de fraternité.

Interrogée avant sa prestation par les présentateurs sur le message qu'elle souhaitait adresser lors de l'Eurovision, Madonna a répondu : "Nous ne devons jamais sous-estimer le pouvoir qu'a la musique pour rassembler les gens." On ignore si elle était au courant du fait que certains de ses danseurs arboreraient peu après les drapeaux israélien et palestinien.

L'Union européenne de radio-télévision (UER), organisatrice du concours, a souligné dans un communiqué que la référence politique faite par les danseurs de Madonna ne figurait pas dans les répétitions telles que l'UER les avait approuvées. L'Eurovision "est un évènement apolitique et Madonna en avait été informée", a-t-elle dit.

Les drapeaux brandis par le groupe islandais

En fin de soirée, pour leur dernière apparition à l'écran après avoir obtenu les derniers points possibles, les membres du groupe islandais Hatari, connus pour leur opposition déclarée à l'occupation israélienne des Territoires palestiniens, ont déployé des banderoles aux couleurs palestiniennes. Sous les huées et les sifflets. 

Avant la finale, rappelle le Guardian (en anglais), les membres du groupe avaient averti qu'en cas de victoire, ils entendaient établir une enclave BDSM (pour "bondage, discipline, sado-masochisme") en Israël. "Le parallèle avec les colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens est clair, même si Hatari ne l'a pas explicitement fait", note le journal britannique. Dans ses colonnes, un membre du groupe, qui a visité la ville d'Hébron, en Cisjordanie, dès son arrivée, affirmait d'ailleurs que "participer au récit d'un concours pop léger et épris de paix sans discussion dans ce contexte est, à notre avis, extrêmement politique. Tous ceux qui y participent prennent part à une écriture politique, qu’ils en soient conscients ou non."

Le geste du groupe "contrevient directement" aux règles du concours et "les conséquences [en] seront discutées" a indiqué l'UER dans son communiqué.

Après le concours, le groupe a publié sur Instagram un bloc de trois photos mettant en avant les couleurs du drapeau palestinien, sans toutefois les commenter. 

Les membres du groupe islandais Hatari ont publié des photos aux couleurs du drapeau palestinien sur leur compte Instagram juste après la finale de l\'Eurovision, le 19 mai 2019. 
Les membres du groupe islandais Hatari ont publié des photos aux couleurs du drapeau palestinien sur leur compte Instagram juste après la finale de l'Eurovision, le 19 mai 2019.  (HATARI / INSTAGRAM)

Des appels au boycott avant le concours

Depuis la victoire de Netta en 2018, l'organisation par Israël de cette 64e édition du concours n'était pas du goût de tout le monde. Des manifestations ont même eu lieu devant la salle de spectacle lors de la première demi-finale. Plusieurs appels au boycott avaient été lancés avant la soirée. Madonna avait été appelée à annuler sa prestation, y compris par la mère d'un journaliste tué par des tirs israéliens lors de manifestations et de violences à Gaza.

Et un événement alternatif, Globalvision, a été organisé samedi dans plusieurs villes du monde par des Palestiniens et des militants propalestiniens, pour attirer l'attention sur la réalité de l'occupation israélienne dans les Territoires palestiniens. Non diffusé sur les chaînes de télévision, il pouvait être vu sur internet. 

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