Eurovision : des voix critiques et homophobes s'élèvent en Russie

(Leonhard Foeger Reuters)

Les réactions ont été nombreuses après la victoire samedi soir de Conchita Wurst, candidat travesti de l'Autriche, au concours de l'Eurovision. Beaucoup saluent un message de paix et de tolérance envoyé à l'Europe. Mais d'autres, surtout en Russie, y voient le signe de la décadence occidentale, à commencer par le vice-Premier ministre.

Le message n'a apparemment pas été perçu partout de la même façon. Alors que l'Autriche a réservé dimanche un accueil triomphal à sa nouvelle idole, Conchita Wurst, dimanche, et que les réactions positives ont essaimé à travers l'Europe, quelques voix discordantes se sont fait entendre.

Ainsi, la gagnante de l'Eurovision 2014, un travesti à barbe du nom de Tom Neuwirth à la ville, n'a pas du tout plus à Moscou. Le vice-Premier ministre russe, Dmitri Rogozine, a même tweeté dimanche matin son indignation : "Le palmarès de l'Eurovision donne un aperçu aux partisans de l'intégration européenne de ce qui les attend en rejoignant l'Europe, à savoir une femme à barbe ". Une réaction en droite ligne de celles qui avaient précédé le concours, dénonçant la candidate autrichienne. Il faut dire que Vladimir Poutine a fait adopter l'année dernière une loi pénalisant la "propagande homosexuelle" dans le pays. Mais, pied de nez, Conchita Wurst a terminé samedi troisième des votes de l'Eurovision en Russie, signe que la population ne se retrouve pas forcément dans le message envoyé par ses dirigeants.

Une victoire et un symbole

Dans un contexte de tension extrême, marqué par la crise ukrainienne, le message de tolérance envoyé par cette victoire a été très apprécié à travers le continent. L'Inter-LGBT, fédération de plusieurs associations de défense des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels, a salué "un message très fort ", tout en adressant une pique aux "propos homophobes et transphobes tenus [...] notamment en Europe de l'Est ".

Désormais, Conchita Wurst semble très consciente de son rôle. Lors de son arrivée dimanche à l'aéroport de Vienne, elle a lâché : "La victoire d'hier n'était pas que pour moi, mais aussi pour les gens qui croient dans un avenir sans discrimination [...] et pour certains hommes politiques que nous connaissons tous ".

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