Un an après la mort de Pierre Henry, sa "Maison des sons" à Paris ferme ses portes

La Maison des sons de Pierre Henry, ici photographiée en 2017, peu après la mort du compositeur.
La Maison des sons de Pierre Henry, ici photographiée en 2017, peu après la mort du compositeur. (Benoît Hasse/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP)

Plus d'un an après la mort de Pierre Henry, sa "Maison des sons", maison atelier dans laquelle il composait, va fermer. Son épouse s'apprête à rendre les clefs du lieu de vie et de création à Paris du père de l'électro-acoustique, qui y donnait de nombreux concerts. A l'occasion de cette fermeture, cinq œuvres de Pierre Henry seront données en concert le 31 octobre à la Gaîté Lyrique.

"On rend les clefs avec un concert", indique à l'AFP Isabelle Wanier, l'épouse du compositeur de la mythique "Messe pour le temps présent", décédé en juillet 2017. Cinq oeuvres, extraites d'un marathon de 26 heures de musique réalisé il y a 50 ans, seront jouées mercredi soir à la Gaieté Lyrique, à Paris. 
Maison des sons de Pierre Henry. 
Maison des sons de Pierre Henry.  (Benoît Hasse/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP )
Le nom de Pierre Henry reste attaché à la "musique concrète" (bruits ou sons enregistrés) fondée par Pierre Schaeffer (1910-1995), à laquelle se rattachent la plupart de ses oeuvres. "Il avait enregistré des milliers de sons, d'eau, d'oiseaux, d'orage... Et des sons qu'il créait dans son studio avec ses instruments. Il les connaissait tous par coeur."

Une maison-atelier symbolique

La maison située dans l'est parisien (XIIe arrondissement) "était une oeuvre d'art en soi. Une maison entièrement dévolue à la musique et au son". Pierre Henry "y a créé plus de 200 oeuvres" et y a installé son premier studio d'enregistrement.
A l\'intérieur de la maison atelier de  Pierre Henry.
A l'intérieur de la maison atelier de  Pierre Henry. (Benoît Hasse/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP)
Entre 1996 et 2010, le compositeur y donnait régulièrement des "concerts privés" accessibles à une cinquantaine de spectateurs par soirée. Près de 10.000 mélomanes ont assisté à ces représentations. "La maison était complètement ouverte. Dans chaque pièce, il y avait entre huit et dix haut-parleurs", se souvient Bernadette Mangin, sa fidèle assistante-son.

La maison vendue, son contenu transféré dans le quartier ou à la BNF

Louée par le couple pendant 47 ans, la maison a été vendue par son propriétaire qui l'a cédée à un promoteur. A cette occasion, plus de 10.000 amis et admirateurs ont signé une pétition adressée à la ministre de la Culture et à la maire de Paris Anne Hidalgo pour la "sauver". La mobilisation n'aura pas suffi, mais une grande partie des instruments et oeuvres du musicien, restera dans le 12e arrondissement, dans un local loué depuis septembre et qui devrait ouvrir au public.

Y seront notamment exposées les "peintures concrètes", assemblages de fragments de vieux appareils d'enregistrement ou de mixage sur des panneaux de bois, ou encore le "piano qui chante", un instrument renversé avec des hauts-parleurs à la place des cordes. Les 14.000 boîtes de bandes magnétiques seront quant à elles transférées à la Bibliothèque nationale de France (BNF) où elles seront numérisées. Une application numérique permettra de visiter la maison en réalité virtuelle.
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