Beyoncé : "Homecoming", un doc et un album surprise taillés dans le diamant

La chanteuse américaine Beyoncé le 14 avril 2018 sur la scène principale du festival Coachella à Indio (Californie, USA).
La chanteuse américaine Beyoncé le 14 avril 2018 sur la scène principale du festival Coachella à Indio (Californie, USA). (KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Alors que Netflix dévoile mercredi un documentaire, "Homecoming", sur son show époustouflant d'avril 2018 au festival Coachella, Beyoncé sort par surprise l'album live qui l'accompagne, fourmillant de hits comme "Crazy in Love", "Run the World (Girls)", "Déjà vu" ou "Single Ladies". Voici pourquoi l'un et l'autre valent le détour.

Les 14 et 21 avril 2018, Beyoncé donnait deux concerts grandioses à une semaine de distance sur la scène principale du festival californien Coachella (qui se tient sur deux week-ends répliqués). L'année précédente, la chanteuse américaine avait dû annuler sa prestation au même endroit car elle était enceinte de ses jumeaux. La superstar mettait donc les bouchées doubles et offrait finalement un show de plus de deux heures, démontrant une fois de plus (et peut-être plus que jamais) sa maitrise impressionnante de la scène – elle dirigeait alors près de 200 musiciens, chanteurs et danseurs.

Une performance inouie qui a demandé des sacrifices

Quatre mois de répétitions intensives avaient été nécessaires avec cette équipe dont elle avait choisi elle-même chaque participant, voulue comme "une famille" dont elle apparaît dans le documentaire comme une mère-chef d'orchestre à la fois bienveillante et ultra exigeante. Queen B est d'abord exigeante avec elle-même : elle ne se fait aucun cadeau.

On la voit ici, en répétitions, aller au bout de ses forces alors qu'elle donne encore le biberon à ses deux nouveaux-nés et craint de ne jamais retrouver sa forme, ses formes (elle pesait 90 kg à leur naissance) et son endurance physique. Lorsqu'elle parvient enfin à rentrer dans son costume de scène, c'est un grand soulagement pour elle comme pour le spectateur (rassurez-vous cette déesse est constamment superbe, même sans maquillage et avec quelques kilos superflus). Du coup, tous les participants, tirés vers le haut, donnent leur maximum et tout leur coeur dans cette performance inouïe, jamais, ou rarement, vue en festival.

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Le show est conçu comme une ode à la "black" culture

De la voix (puissante, qui ne faiblit quasi jamais) à la danse (chorégraphie physique spectaculaire et millimétrée), en passant par le déroulé des chansons, le choix des reprises (de Top Off de Dj Khaled à You Don't Love Me de Dawn Penn) et les invités (Jay-Z sur Déjà vu, sa soeur Solange pour une rapide chorégraphie, ses anciennes complices de Destiny's Child pour le triplé Lose my breath, Say my name et  Soldier), tout est parfait.

Si l'on retient surtout l'aspect esthétique et chorégraphique de ses concerts, Beyoncé doit aussi être saluée pour l'audace avec laquelle elle revisite ses propres chansons sur scène. Ainsi, dès le début et durant une bonne partie de ce concert à Coachella, Queen B est accompagnée des cuivres d'un "marching band" (une fanfare), un hommage à ses origines du sud des Etats-Unis (Houston) et aux fanfares des universités noires américaines. Ses hits en sont transfigurés.

Long de 2h17, ce show ultra efficace fourmille de clins d'œil politiques et historiques – "Merci de me permettre d'être la première femme noire en tête d'affiche de Coachella", dit-elle au mitan du concert quand elle ne glisse pas des interventions de Malcolm X, de Nina Simone et de la romancière féministe et essayiste nigériane Chimamanda Ngozi Adichie.

Dans les propos saisis en coulisse et en répétitions qui ponctuent les images du concert live, Beyoncé explique avoir voulu mettre dans ce show ses 22 ans de carrière, mais aussi l'avoir conçu comme une ode à la culture noire. 

L'album Live surprise contient quelques bonus

Comme un bonheur ne vient jamais seul (et qu'il faut toujours trouver le moyen de relancer l'intérêt avec de l'imprévu), Beyoncé a réservé un cadeau à ses fans avec la sortie surprise mercredi de Homecoming : The Live Albumun album Live compagnon de route du documentaire de Netflix.

Si le show comptait une bonne trentaine de morceaux, l'album en aligne 40 au total, pour un disque long d'une heure et 49 minutes. Que contient-il de plus ? Une reprise studio du hit de Maze de Frankie Beverly Before I Let Go (1981) dans une version épurée où la belle émule la voix de Beverly, ainsi que le bonus track final I Been On.

On remarque également un interlude, vu dans le documentaire, durant lequel Blue Ivy Carter, première née de Beyoncé et Jay-Z aujourd'hui âgée de 7 ans, chante Lift Every Voice and Sing, considéré comme l'hymne officieux des noirs américains.

Si tout le monde feint de regarder ailleurs, on remarque toutefois que cet album n'est pas sorti cette fois en exclusivité sur TIDAL, la plateforme de streaming de son époux Jay-Z. On vous laisse en tirer la conclusion vous-mêmes...

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