Après les attentats, la délicate situation économique des salles de spectacles

(La santé économique des salles de spectacles est mise en danger par les conséquences des attentats © MAXPPP)

Les conséquences des attentats du 13 novembre sur les salles de spectacles ne sont pas seulement psychologiques, elles sont également économiques. Avec le renforcement des mesures de sécurité, mais aussi la baisse des ventes constatée depuis dix jours, les petites salles pourraient très vite se retrouver en grand danger. Les producteurs et les diffuseurs réclament une aide de 50 millions d'euros.

Ils avaient convoqué la presse mardi matin, au siège du Prodiss, en face du centre Pompidou à Paris. Les membres du syndicat, qui réunit producteurs, diffuseurs et salles de spectacles, étaient ensemble pour la première fois face aux caméras et aux micros depuis les attentats du 13 novembre dernier à Paris, évidemment très marqués. Le président n'a pu retenir quelques larmes en évoquant les victimes. Une ambiance pesante, donc, même s'il faut déjà gérer l'après : les salles de concert subissent depuis dix jours une désaffection. En chiffres, la baisse des ventes s'est stabilisée autour des 50 % et environ un quart des spectateurs ayant acheté un billet ont renoncé à se déplacer (chiffres du week-end dernier).

Pour rassurer, il faut évidemment parler de sécurité : recruter des vigiles, renforcer les fouilles à l'entrée, mais aussi acheter du matériel comme des portiques de sécurité. Quelques jours après les attentats, la ministre de la Culture Fleur Pellerin avait annoncé la création d'un fonds de soutien de quatre millions d'euros pour faire face à ces surcoûts. Mais pour les producteurs, il faudrait douze fois plus, soit 50 millions d'euros, entre autres mesures d'aide. Pour Guy Marseguerra, dirigeant de 20h40 Productions et président du Prodiss, il va falloir "un effort de solidarité ".

Guy Marseguerra, président du Prodiss : "Il faudra aider le secteur"
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La douleur toujours présente

En même temps, cela reste difficile de se plonger déjà dans la suite, tant le drame est encore présent. On peut déjà tirer des conséquences, demander une aide ou faire des propositions, comme la mise en place du billet nominatif pour les concerts. On peut réfléchir à la suite, à une crise qui menace le secteur, à comment rassurer le public ou les artistes, qui continuent à Paris d'annuler des concerts ces derniers jours. On peut, mais qu'est-ce que cela pèse face à l'horreur ? C'est la douleur avec laquelle doit vivre depuis dix jours Jules Frutos, le co-gérant du Bataclan.

Jules Frutos, co-gérant du Bataclan : "La meilleure réponse, c'est continuer"
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Et pour l'heure, on peut le comprendre, Jules Frutos ne souhaite pas se prononcer sur l'avenir du Bataclan. Certains concerts prévus dans la salle vont être rapatriés dans d'autres salles, mais il est bien trop tôt pour imaginer ce lieu devenu si symbolique rouvrir, dans un avenir plus ou moins proche. Du côté des producteurs, on envisage aussi de récolter des fonds à destination des victimes ; les idées sont là, pourquoi pas y consacrer une partie du prix du billet, ou encore organiser un concert spécial...

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