Accusé d'agressions sexuelles, le chanteur R. Kelly lâché par Sony Music

R. Kelly aux MTV Video Music Awards, à Miami en 2005
R. Kelly aux MTV Video Music Awards, à Miami en 2005 (David Greenman / Star M / AP / Sipa)

Entre le chanteur R. Kelly et la firme Sony Music, c'est fini. Le contrat qui liait la maison de disques RCA (filiale de Sony) au chanteur est terminé, à la suite d'un documentaire l'accusant de multiples agressions sexuelles, ont rapporté plusieurs médias spécialisés vendredi 18 janvier.

"R. Kelly et Sony ont décidé de se séparer", a indiqué le site spécialisé Billboard en citant des sources anonymes. "Sony Music a décidé de mettre fin à sa relation professionnelle avec R. Kelly", a publié dans la foulée le site de célébrités Variety, faisant référence également à des sources non identifiées. Contacté par l'AFP, Sony Music n'a pas immédiatement confirmé l'information.

Le chanteur de Chicago, Robert Sylvester Kelly de son vrai nom, qui a toujours démenti ces accusations, n'a pas non plus fait de commentaire.

R. Kelly, qui a toujours démenti les accusations, en position de plus en plus difficile

Mais le chanteur de R&B et auteur du hit planétaire "I Believe I Can Fly" (1996), qui avait annoncé récemment préparer un nouvel album, était en position de plus en plus difficile ces derniers mois. Les appels au boycott s'étaient multipliés sous l'impulsion des mouvements #MeToo et Time's Up, via le mot d'ordre #MuteRKelly ("Faites taire R. Kelly) sur Twitter.

Sur Twitter, une militante féministe, Charlene Carruthers, a commenté : "Il a fallu un documentaire en six parties et des années de campagne pour que Sony vire R. Kelly. Des sommes inchiffrables, des heures de travail. Et les victimes qui ont dû revivre tout ça. C'est ce qu'il faut pour établir tout soupçon de responsablité quand des femmes noires sont violées et abusées."
https://twitter.com/CharleneCac/status/1086346860279799809
En mai 2018, la plateforme suédoise de musique en ligne Spotify avait annoncé retirer le chanteur de ses "playlists".

Le coup de grâce semble être venu de la diffusion début janvier sur une chaîne câblée d'un documentaire-fleuve intitulé "Surviving R. Kelly", dans lequel plusieurs femmes accusaient le chanteur et producteur de 52 ans d'avoir eu des relations sexuelles avec des filles de moins de 16 ans, et de s'être entouré de femmes dont il a fait ses esclaves sexuelles.

La procureure de Chicago Kim Foxx avait lancé le 8 janvier un appel à témoins pour enquêter sur ces accusations. Le procureur d'Atlanta (Géorgie), où le chanteur a aussi une propriété, enquête également sur lui, selon plusieurs médias locaux.

Les premières accusations remontent à près de vingt ans

Les premières accusations contre lui ont émergé il y a près de vingt ans. En 2002, il a été inculpé pour avoir filmé des actes sexuels entre lui et une jeune fille de 14 ans, mais finalement acquitté en 2008.

Lundi 14 janvier, une de ses victimes présumées a affirmé que R. Kelly et son équipe l'avaient menacée après son dépôt en mai 2018 d'une assignation en justice visant le chanteur. Gloria Allred, l'avocate de la jeune femme et qui représente deux autres accusatrices de R. Kelly, a indiqué le même jour que la police new-yorkaise enquêtait aussi sur le musicien.
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