Haute couture : Maria Grazia Chiuri célèbre ce cirque qu'aimait Christian Dior

Dior haute couture printemps-été 2019, janvier 2019 à Paris
Dior haute couture printemps-été 2019, janvier 2019 à Paris (Francois Mori/AP/SIPA)

Maria Grazia Chiuri, la créatrice italienne de Dior, a opté pour une piste de cirque en guise de podium, au premier jour de la semaine de la haute couture printemps-été 2019 à Paris. Les mannequins en coiffes d'Arlequin - qui défilaient au milieu des acrobates de la compagnie Mimbre - sont habillées de vêtements à l'effet d'usure minutieusement travaillé.

Les mannequins aux yeux charbonneux à larme noire portant des voilettes intégrées aux béguins (coiffes des Arlequins) ont foulé le sol à losanges d'un chapiteau installé dans les jardins du musée Rodin. Le défilé était rythmé par la performance des acrobates de Mimbre, compagnie britannique de cirque féminine.
Dior haute couture printemps-été 2019, à Paris, janvier 2019.
Dior haute couture printemps-été 2019, à Paris, janvier 2019. (Getty Images)

Maria Grazia Chiuri : "le cirque (...) c'est comme la Fashion Week" 

Cette collaboration s'inscrit dans la tradition de Christian Dior qui aimait se rendre au Cirque d'hiver où Richard Avedon prendra en 1955 la célèbre photo Dovima et éléphants mettant en scène une robe haute couture. Elle est aussi chère à Maria Grazia Chiuri qui aime associer à ses shows les artistes venus d'un autre univers que la mode pour faire éprouver des émotions.
Dior haute couture printemps-été 2019 à Paris janvier 2019.
Dior haute couture printemps-été 2019 à Paris janvier 2019. (Getty Images)
"A Paris il y a une longue tradition du cirque, cette tradition est aussi très riche en Italie quand on pense à Fellini et "8 1/2" (film sorti en 1963, ndlr). Le cirque c'est un petit monde qui bouge d'une ville à l'autre et change la ville où il arrive. C'est comme la Fashion Week", a déclaré à l'AFP la créatrice.

Les vêtements abondent en références évidentes aux codes du cirque comme les motifs losange sur jacquard, satin ou organza, des animaux brodés sur des jupes, un motif de flammes sur une robe longue avec des marches à volants brodée de paillettes ou des tailleurs stylisés de dompteurs.
Dior haute couture printemps-été 2019, à Paris, janvier 2019.
Dior haute couture printemps-été 2019, à Paris, janvier 2019. (Getty Images)
Celle qui aime les mannequins à forte personnalité leur a fait porter des coiffes brillantes conçues par le chapelier Stephen Jones "qui cachent qui elles sont et permettent de se concentrer sur les pièces qu'elles portent". "C'est une parade où chaque vêtement présente un caractère" : "courageux" comme ce tailleur noir à pantalon bouffant ou "mélancolique" comme cette robe pastel évanescente. 

"Le temps transforme les vêtements qui voyagent dans des coffres vers une nouvelle beauté"

Ici les techniques donnent l'impression que les costumes sont abîmés et délavés (voire recouverts d'une fine couche de poussière) avec le temps comme si ces vêtements étaient sortis des coffres de la compagnie ambulante. Pour une robe de soir bleu et rose pâle qui s'ouvre en corolle au niveau du décolleté il a fallu laver la soie pour obtenir un effet froissé et faire des plis sans la défroisser pour obtenir un effet "pas net". Des imperfections "parfaitement travaillées" comme le côté effiloché sur un tailleur pantalon de laine bouillie frangée noir porté avec un top de dentelle de Chantilly.
Dior haute couture printemps-été 2019, à Paris, janvier 2019
Dior haute couture printemps-été 2019, à Paris, janvier 2019 (Getty Images)
"Le temps transforme les vêtements qui voyagent dans des coffres vers une nouvelle beauté". "La couture aussi est intemporelle et se renouvelle sous une forme différente". "La couture parle plutôt de la façon dont sont faites les choses, c'est un luxe très personnel", souligne la créatrice. Des broderies inspirées des années 50 ont été allégées dans cette collection qui recourt à une technique rare de broderie de brandebourg pour décorer des manteaux en cachemire. Une combinaison couleur chair à l'effet de corps tatoué portée sous une combinaison de tulle avec application de bandes de satin multicolores est un hommage à Maud Wagner, artiste de cirque et première femme tatoueuse des Etats-Unis.

Les colliers, bracelets et bagues représentent des mains entrelacées. "Dans ces exercices d'acrobatie, il faut faire confiance, ta vie est dans les mains d'un autre". "C'est une belle métaphore", souligne encore Maria Grazia Chiuri. La créatrice dit avoir fait "pour la première fois" des chaussures en glitter "parce que dans le cirque il faut attirer attention".
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